Le marché du LBO britannique fait bonne figure dans une Europe morose
L’année 2012 n’a pas été un bon millésime en Europe pour les opérations de leveraged buy-out (LBO, acquisition par recours à l’endettement). Selon les dernières statistiques du Centre for Management Buy-Out Research (CMBOR), la valeur totale des transactions soutenues par des fonds de LBO a reculé de 21% par rapport à 2011, passant de 63 milliards à 49,5 milliards d’euros. Cette tendance est surtout le fait des transactions de taille moyenne (comprises entre 100 millions et le milliard d’euros).
Ce recul est imputable à plusieurs raisons. D’abord, les incertitudes économiques sur la zone euro pèsent sur les perspectives des entreprises susceptibles de susciter l’intérêt des fonds d’investissement. Ainsi, seuls deux des dix principaux LBO réalisés sur le marché européen sont originaires de la zone euro. Par ailleurs, la perspective de l’application du nouveau régime réglementaire de Bâle 3, plus exigent que le précédent, réduit l’appétit des banques à financer les LBO. Pour preuve, la proportion moyenne de dette sollicitée pour payer ces opérations a chuté de 44% à 38% du montant total moyen des transactions.
Ensuite, des contraintes spécifiques pèsent sur certains marchés: l’incertitude fiscale entourant la transmission d’entreprises et l’imposition de la plus-value, projetées par le gouvernement français en septembre dernier, ont créé un climat défavorable aux projets de transmission d’entreprise, et remis en cause certains mécanismes considérés comme vitaux pour l’activité des fonds de capital-investissement (notamment l’alignement d’intérêt entre investisseurs et gérants). Leur amendement n’a pas permis de restaurer le climat de confiance.
Si deux des trois principaux marchés européens pèsent sur l’ensemble (la France et l’Allemagne), c’est surtout dans l’Hexagone que la chute est vertigineuse. Alors que, chose exceptionnelle, le marché avait atteint la première place en 2011, devant le Royaume-Uni, il a subi une division par deux du montant des transactions réalisées sur son sol en 2012 (de 15 milliards à 6,2 milliards d’euros). A l’opposé, le Royaume-Uni, touché en 2011, a connu une renaissance et a soutenu le marché européen: 19,4 milliards d’euros de transactions y ont été réalisées (+32%). Il représente 39% du marché, contre seulement 23% un an plus tôt.
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