Le marché des obligations catastrophes devrait débuter l’année sur sa lancée de 2012
Le marché mondial des obligations catastrophes, ou «cat bonds», a confirmé son retour en grâce l’an passé. Jusqu’aux derniers jours de l’exercice, puisque deux opérations concrétisées fin décembre ont permis au marché d’afficher en termes de volume d’émission un second plus haut historique, derrière le pic atteint en 2007. La crise financière avait alors gelé l’appétit des investisseurs pour des placements certes rémunérateurs mais risqués, l’objet des cat bonds étant pour l’assureur promoteur de l’émission de transférer les risques liés aux catastrophes naturelles.
C’est ainsi que l’américain AIG (via sa filiale Chartis) et le suisse Zurich ont fait coter les 27 et 28 décembre respectivement en Bourse des Bermudes deux obligations (Compass Re Ltd Series 2012-1 et Lakeside Re III) les couvrant contre les risques d’ouragans et de tremblements de terre aux Etats-Unis et au Canada. Les volumes de 400 et 270 millions de dollars ont porté le montant annuel des émissions de cat bonds dans le monde en 2012 à 6,3 milliards, non loin du plus haut historique de 7,0 milliards observé 5 ans plus tôt.
Le marché devrait poursuivre sur sa lancée. Willis Re souligne que l’offre reste insuffisante par rapport à la demande d’investisseurs soucieux de placements alternatifs décorrelés. Le réassureur évoque un nombre grandissant de dossiers en préparation en ce début d’année 2013. Swiss Re estime d’ailleurs que le marché des obligations catastrophes pourrait bien trouver de nouveaux débouchés dans la couverture de risques de tremblements de terre ou d’ouragans dans des pays comme l’Australie ou la Chine.
De quoi renforcer pour les assureurs l’intérêt du marché en tant qu’alternative à la réassurance traditionnelle, les émissions étant actuellement réalisées à des conditions historiquement avantageuses. En témoigne l’écart de rendement de 800 points de base par rapport aux taux monétaires américains de référence consenti pour l’émission sponsorisée par Zurich fin décembre, notée «B+» par Standard & Poor’s, dans le bas de la fourchette indicative (de 800 à 900 pb).
Le marché conserve en tout état de cause un potentiel de croissance, face à un coût des catastrophes naturelles en 2012 estimé hier par Munich Re à 160 milliards de dollars, dont 65 milliards de pertes assurées (un dernier chiffre, imputable à 90% aux Etats-Unis, inférieur de moitié à celui assumé en 2011).
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