Le LSE s’inquiète d’une possible baisse des volumes à cause du Brexit
L’activité de la Bourse de Londres n’a pas ressenti d’effets après le vote sur le Brexit mais reconnaît que la décision fait naître une incertitude néfaste pour son activité.
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Olivier Pinaud
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Crédit European Union EC
Intervenu fin juin, le référendum sur la présence du Royaume-Uni dans l’Union européenne ne se ressent pas sur les résultats semestriels publiés hier par le London Stock Exchange. Les revenus de la Bourse de Londres ont progressé de 9% (5% en organique et à taux de change constants), avec une hausse du même ordre de grandeur du résultat opérationnel ajusté grâce à un strict contrôle des coûts. Et si le résultat net est négatif à hauteur de 36,1 millions de livres, ce déficit s’explique par la perte de l’activité de gestion d’actifs Russell Investment Management, dont la cession à TA Associates a été finalisée en juin.
En revanche, la décision des Britanniques de quitter l’Union européenne va créer «une incertitude sur les marchés» ce qui rend «difficile de prédire l’impact potentiel sur le groupe à moyen et long terme», reconnaît le LSE. Cette incertitude risque d’«éroder la confiance des investisseurs et de pénaliser les volumes des marchés primaire et secondaire, les commissions et les volumes de compensation », ajoute la Bourse de Londres, dont 35% des revenus sont réalisés en euro.
La fusion avec Deutsche Börse en danger
Surtout, le Brexit fait peser une forte incertitude sur le projet de rapprochement entre le LSE et Deutsche Börse. En juin et en juillet, les actionnaires des deux infrastructures de marchés ont donné leur accord au mariage. Malgré les grincements de dents de certains de ses actionnaires, Deutsche Börse a obtenu suffisamment de soutien, au-dessus de la limite fixée à 60% du capital.
Reste maintenant aux deux opérateurs boursiers d’obtenir les feux verts des autorités financières britanniques, allemandes et européennes. Les dirigeants de Deutsche Börse et du LSE ont laissé entendre ces dernières semaines qu’ils étaient disposés à des concessions pour obtenir les autorisations nécessaires. La localisation du siège de la holding de tête fait partie des points potentiellement bloquants. Le président de la BaFin, l’autorité des marchés financiers en Allemagne, a réaffirmé fin juin qu’il est difficile d’imaginer que Londres abrite le siège social de l’entité fusionnée. François Hollande a pour sa part jugé impensable que Londres continue d’héberger - une fois le Brexit effectif- des activités de compensation en euro.
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