Le London Stock Exchange pâtit du renforcement des chambres de compensation

LCH.Clearnet, que le groupe s’apprête à acheter, devra lever 300 à 375 millions d’euros de capital en 2013 pour satisfaire les régulateurs
Solenn Poullennec
Le London Stock Exchange pâtit du renforcement des chambres de compensation. Photo: Simon Dawson/Bloomberg
Le London Stock Exchange pâtit du renforcement des chambres de compensation. Photo: Simon Dawson/Bloomberg  - 

Les chambres de compensation (CCP) vont devoir renforcer leurs fonds propres pour répondre aux exigences des régulateurs européens. La chambre franco-britannique LCH.Clearnet a déjà annoncé qu’elle devrait augmenter son capital réglementaire de 300 à 375 millions d’euros d’ici au premier semestre 2013. Une mauvaise nouvelle pour le London Stock Exchange (LSE) qui s’apprête à devenir majoritaire à son capital.

L’annonce de LCH.Clearnet répond à la publication par les autorités européennes des banques et des marchés financiers (EBA et Esma), des implications techniques du règlement Emir. Elles veulent rendre les CCP résistantes aux chocs financiers car elles vont être obligées de compenser de plus en plus de dérivés échangés de gré à gré.

La Bourse de Londres doit terminer l’acquisition de 60% du capital de LCH.Clearnet à la fin de l’année. L’opération lui permettra de se diversifier dans la compensation des produits dérivés, en plein développement, mais elle pourrait être moins intéressante que prévu. Le LSE a assuré qu’il «était confiant dans sa capacité à augmenter le capital» mais «discutait des implications financières des recommandations de l’EBA et l’Esma et des mesures envisagées par LCH.Clearnet pour offrir un rendement des capitaux employés acceptable». Le LSE détient aussi la chambre de compensation italienne CC&G. Toutefois, le nouveau cadre réglementaire ne devrait pas l’obliger à augmenter son capital, même s’il pourrait réduire certains de ses revenus en 2014.

Selon les régulateurs, le capital d’une CCP devra couvrir les dépenses de restructuration de ses activités et différentes catégories de risques (de contrepartie, légaux, etc). Les dépôts de cash que font certaines chambres auprès des banques devront être collatéralisés à hauteur de 95%. Si une chambre détient moins de 110% de son capital réglementaire, elle devra en informer le régulateur. Enfin, elle doit avoir l’équivalent de 25% de son capital disponible pour couvrir le défaut d’un client sans toucher au fond de garantie commun aux membres.

Ces deux dernières exigences ont été assouplies, ce qui fait dire à Hugh Brown, directeur des marchés britanniques de la chambre EMCF, que les nouvelles règles «sont une bonne nouvelle». Le groupe spécialisé sur les actions estime que ses besoins en capital resteront contenus et seront trois à quatre fois inférieurs à ceux que pouvaient laisser attendre les premières propositions des régulateurs.

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