Le LBO sur Courtepaille laisse les actionnaires sur leur faim
Courtepaille se révèle être un investissement moins digeste que prévu pour ses actionnaires. Salvepar, qui était entré au tour de table de la chaîne de restauration lors du rachat à effet de levier (LBO) mené par Fondations Capital en mars 2011, a annoncé hier sa sortie. La holding d’investissement désormais filiale de Tikehau a cédé sa participation de 12% à CM-CIC Finance, déjà présent au capital.
Ce que le communiqué de Salvepar ne dit pas, c’est que cette cession sanctionne la perte de valeur de Courtepaille. Pour son troisième LBO, la chaîne de restauration célèbre pour ses toits en chaume et ses grillades au feu de bois a été valorisée 245 millions d’euros il y a deux ans. Un prix qui incluait un financement à l’époque novateur en France, une dette «unitranche» de 160 millions apportée par ICG, soit une valeur de 85 millions pour l’equity. La transaction valorisait aussi Courtepaille à 8,75 fois son Ebitda 2010.
«Fondations Capital cherchait une transaction qui lui donne de la visibilité et a payé un peu cher», estime un banquier. Le fonds signait alors son deuxième investissement. Personne n'était disponible hier chez Fondations Capital pour commenter le dossier.
Salvepar avait investi à l’époque 12 millions d’euros, ce qui équivaut à une valeur de 100 millions pour l’equity sur la base de 12% du capital. Au prix du bloc échangé hier, Courtepaille n’est plus valorisé que 70 millions hors dette, ou encore 8,25 fois l’Ebitda en valeur d’entreprise selon un proche. Salvepar a d’ailleurs déprécié la valeur de sa ligne dans ses comptes 2012, la ramenant à 7,2 millions selon son document de référence. Elle enregistrera donc une petite plus-value comptable sur 2013, et elle bénéficiera d’un possible complément de prix valable jusqu’à fin 2018 en cas de cession de ces actions par CM-CIC Capital Finance avant cette date.
Entre 2010 et 2011, la Financière Courtepaille, holding du groupe, a fait passer son chiffre d’affaires de 220,8 à 236,7 millions d’euros et son résultat d’exploitation de 18,3 à 19,4 millions, selon le rapport annuel 2011 de Salvepar. Curieusement, ces indicateurs sont absents du rapport annuel 2012. Tout juste celui-ci indique-t-il que «dans un environnement difficile, Courtepaille a continué d’exécuter sa stratégie de croissance organique et d’ouverture de nouveaux restaurants», avec 12 ouvertures. La chaîne comptait 235 restaurants fin décembre, dont 178 en propre.
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