Le gouvernement veut soutenir le crédit interentreprises via les bons de caisse
Le gouvernement veut encourager le crédit interentreprises via le recours aux bons de caisse. Lors du débat en séance publique sur la loi Macron, il a fait adopter par les députés un amendement l’autorisant à prendre par ordonnance les mesures législatives utiles au développement de ces bons.
Les bons de caisse sont des titres représentatifs de dette souscrits pour 5 ans maximum et sans limite de montant. Bercy souhaite «réactiver» ce vieil outil pour «permettre une intermédiation via le crowdfunding, mais celui-ci n’aura rien d’une fatalité: le bon de caisse peut être une modalité de financement interentreprises régulée sans passer par une plate-forme», a souligné le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron en séance.
Le ministre n’a pas caché qu’il préférait légiférer par ordonnance et avoir recours aux bons de caisse plutôt que d’autoriser directement le crédit interentreprises comme l’a fait un amendement défendu par le centriste Jean-Christophe Fromantin, et adopté contre l’avis du gouvernement. Cet amendement se propose «d’instaurer un mécanisme simple permettant à une entreprise disposant d’une trésorerie excédentaire d’octroyer des financements à moins de deux ans à d’autres entreprises indépendantes l’une de l’autre». Le gouvernement argue que le dispositif des bons de caisse, «même s’il conduit à un formalisme supérieur» est «plus flexible en termes de montant et de délai» que le dispositif de crédit interentreprises défendu par les députés. Alors que le bon de caisse est régulé par l’AMF, «il permet, à mon avis, de répondre aux exigences de sécurisation des échanges et du financement», a souligné le ministre devant les élus. Si la version définitive de la loi Macron favorise les bons de caisse, «il s’agira là d’une avancée majeure dans le mode de financement des PME-ETI dans la mesure où cette réforme reviendrait sur plus de 70 ans de contrôle de la distribution du crédit par des établissements régulés», écrivait l’avocat de Kramer Levin, Hubert de Vauplane, dans une tribune publiée à l’issue des débats en commission.
«Les bons de caisse sont un outil supplémentaire, mais il ne faut pas que cela reste symbolique», réagit Denis Le Bossé, président du Cabinet ARC, expert en gestion du poste client. A ses yeux, le financement interentreprises «va dans le bons sens, encore faut-il l’articuler pour que cela ne devienne pas un rapport de dépendance financière entre les deux entreprises».
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIATDette émergente : les nombreux atouts de la devise locale
Selon l’indice, le spread par rapport aux bons du Trésor américain est passé de 450 points de base fin 2022 à environ 230 points de base fin juin... -
Allspring Global Investments envisage une vente
La société de gestion américaine étudie une cession qui pourrait la valoriser à environ quatre milliards de dollars. -
Cervinvest se dote d'une associée dédiée aux relations investisseurs
Le gérant nouvellement repris par deux anciens associés de Capza, Maxence Radix et Guillaume de Jongh, accueille Farah Fehaili, également passée par Capza, pour piloter le département relations investisseurs.
ETF à la Une
La majorité des investisseurs professionnels sont prêts à basculer leurs encours vers des ETF actifs
- Axa place la conquête au coeur de son nouveau plan stratégique
- La Société Générale mise sur une meilleure éducation financière des femmes
- La coûteuse ardoise de la frilosité des épargnants français
- Axa veut passer à l’échelle dans l’IA
- En plein défi réglementaire, Revolut fait face à une cyberattaque
Contenu de nos partenaires
-
OmbreEn vendant le F-35 à l'Arabie Saoudite, Washington risque-t-il de l'offrir à la Chine ?
L’Administration Trump a donné son aval pour la vente de 48 avions furtifs F-35 à Riyad. Ce projet de contrat nourrit les craintes de certains observateurs au sujet des pactes liant l'Arabie saoudite et Pékin -
Démocratie fictiveLégislatives en Russie : quels sont les quatre partis que le Kremlin autorise à concourir ?
Les Russes sont appelés à renouveler la chambre basse de leur Parlement. Au cours de ce scrutin sous tension et sans suspense, le pouvoir exécutif tolère la présence de quatre partis non hostiles à la guerre en Ukraine -
Affaire Renault : Rachida Dati, avocate de son contrat d'avocate
L'ancienne ministre a tenté de justifier sa mission, rémunérée 900 000 euros, par le constructeur automobile. Son interrogatoire se poursuivra lundi 21 septembre