Le Fonds national d’amorçage a investi 135 millions dans huit véhicules
Lancé fin 2009 par l’Etat dans le cadre du programme d’investissements d’avenir, le fonds national d’amorçage (FNA) trace sa route. Doté initialement de 400 millions d’euros, portés ensuite à 600 millions d’euros, ce fonds commun de placement à risque (FCPR), géré par CDC Entreprises et réalisant des investissements dans des fonds dédiés à l’amorçage, a investi 135 millions d’euros dans huit véhicules.
Sur ces fonds, «trois sont interrégionaux et couvrent une douzaine de régions», a expliqué Pascal Werner, directeur «financements investissements et amorçage» au commissariat général de l’investissement, à l’occasion du lancement du fonds régional Emergence Innovation I. Ce dernier véhicule, qui a déjà réalisé un premier bouclage en juin pour 25,5 millions d’euros, vise entre 40 et 50 millions d’euros d’ici à fin 2013. Un fonds dédié à l’Ile de France «ne devrait pas tarder à réaliser son premier closing», a indiqué Pascal Werner.
Sur les investissements réalisés par le FNA, «nous sommes presque à 50% de co-investissements, alors que nous nous étions fixé une fourchette de 35 à 40%», s’est félicité Pascal Werner. En incluant les huit véhicules dans lesquels le FNA a déjà investi, «seize fonds ont été sélectionnés, représentant un montant cumulé de 300 millions d’euros», a ajouté le dirigeant.
«Il existe de graves défaillances de marché sur l’amorçage, qui dégage une performance moyenne de 1,5% en France et a été, du fait de sa faible rentabilité, la classe d’actifs la plus rapidement délaissée par les investisseurs institutionnels. Le FNA répond à ce problème de défaillances», synthétise Pascal Werner.
Toutefois, «nous allons créer un stock d’entreprises financées en phase d’amorçage, entre les premiers mois et les premières années de leur vie, mais la question du financement ultérieur va se poser», a souligné Pascal Voulton, président du directoire de Sofimac Partners, gestionnaire du FCPR Emergence Innovation I.
Alors que le paysage des fonds de capital risque privés tend à se désertifier, «des instruments ont été créés dans le cadre du programme d’investissements d’avenir, à l’image du fonds Ecotechnologies ou du fonds FSN PME, dans des secteurs dédiés. Il est toutefois légitime que l’on ait des réflexions sur l’aval de l’amorçage», a estimé Pascal Werner.
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