Le dossier Premafin éclabousse Vincent Bolloré en Italie
La famille Ligresti ne porte décidément pas bonheur à ceux qui l’approchent. La Consob a infligé trois amendes d’un million d’euros chacune à Vincent Bolloré et à deux de ses holdings, la Financière de l’Odet et la Financière du Perguet, selon une décision publiée hier dans le bulletin du gendarme boursier italien. Celui-ci reproche à l’homme d’affaires d’avoir fait monter le prix de l’action Premafin «à un niveau artificiel» et d’avoir ainsi fourni «des indications fausses et trompeuses» sur la valeur de l’entreprise lors de son irruption au capital de la holding des Ligresti en 2010.
La Consob a aussi interdit à Vincent Bolloré d’exercer des fonctions opérationnelles pendant dix-huit mois dans des sociétés italiennes – il n’en a pas à ce jour. La Financière de l’Odet fera appel de la décision. «Lors de la constitution de cette participation, la société Financière de l’Odet a respecté toutes les règles. Les déclarations de seuils requises ont été faites», soulignait-elle hier dans un communiqué.
La Consob, qui dit tenir compte «de la personnalité de l’auteur du délit», s’est fondée sur les volumes et le prix de l’action Premafin. Elle souligne que du 22 septembre au 22 octobre 2010, les achats de la galaxie Bolloré ont représenté en moyenne 58% des volumes échangés sur le titre. Le cours a pris 25,96% en un mois, contre 3,68% pour l’indice FTSE Italia All-Share. L’homme d’affaires aurait donc eu le tort de s’intéresser à un titre peu liquide, mais d’un poids systémique pour l’assurance italienne.
L’affaire remonte à l’été 2010. A l’époque, Vincent Bolloré détient 1,99% de Premafin, juste sous le seuil de 2% rendant obligatoire une déclaration à la Consob. L’homme d’affaires décide alors de sortir du bois et poursuit ses achats d’actions jusqu’à détenir 5% du capital le 21 octobre. Au total, il aura investi 20 millions d’euros. A travers Premafin, c’est l’assureur italien Fondiaria Sai qui est visé. La compagnie a besoin de fonds, mais les Ligresti ne peuvent assumer seuls la facture.
Vincent Bolloré le sait, et apporte dans ses bagages un vieil allié, Groupama, dirigé à l’époque par Jean Azéma. Celui-ci annonce le 29 octobre 2010 un accord avec les Ligresti pour rentrer chez Premafin. Un pari audacieux qui ne verra jamais le jour. Barré par la Consob, puis par les Ligresti eux-mêmes, Groupama renonce, avant que ses propres difficultés financières ne le conduisent à écarter Jean Azéma et ses ambitions internationales.
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