Le Comité de Bâle fait des propositions pour rendre plus prudent le cadre de la titrisation
Alors que l’organisation internationale des commissions de valeurs (Iosco) recommandait le mois dernier aux régulateurs d’examiner avec soin les contraintes de capital et de liquidité associées aux textes européens (CRD4, Solvabilité 2), le marché de la titrisation pourrait faire l’objet d’un nouveau tour de vis. En juillet 2009, le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire avait introduit un renforcement du cadre de Bâle 2, afin de répondre entre autres aux inquiétudes portant sur les retitrisations. Un ensemble de mesures connu sous le nom de «Bâle 2.5».
Pour redorer le blason d’un marché qui peine à se relancer en Europe, où le volume de nouvelles émissions de dette titrisée a totalisé 228 milliards d’euros en 2011 (contre un pic de plus de 700 milliards d’euros en 2008), le Comité de Bâle s’est engagé dans un examen «plus fondamental» du cadre de la titrisation. Finalité de l’exercice : présenter une série de propositions visant à fixer un nouveau cadre réglementaire «plus prudent et sensible au risque ». La consultation est ouverte jusqu’au 15 mars prochain et une étude d’impact sera menée «dans les prochains mois».
Le Comité de Bâle fixe aux banques des exigences de fonds propres en regard des positions de titrisations. Avant de faire le calcul, un prêteur doit décoter ou surcoter les actifs en fonction de leur degré de risque. Selon l’une des propositions du Comité de Bâle, les banques se verraient interdire de pondérer de la dette titrisée à moins de 20% de sa valeur, de manière à empêcher les prêteurs de minimiser le montant de fonds propres qu’ils doivent mettre en garantie.
Le projet prévoit également d’atténuer la «dépendance mécanique» des établissements aux évaluations rendues par les agences de notation. Celles-ci leur servent précisément à établir cette pondération. La crise financière de 2008 a révélé que de telles évaluations «n’ont souvent pas reflété de manière adéquate le risque», souligne le Comité de Bâle. Ce dernier doit publier prochainement un compte-rendu plus complet et technique du travail de modélisation et de recalibrage étayant les modifications envisagées.
Plus d'articles du même thème
-
L’organisation des Nations Unies prépare l’avenir de l’agriculture
L’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la FAO, a organisé sa première conférence sur le «Smart farming» ou utilisation des technologies au service de tous les agriculteurs afin d’améliorer les pratiques, les rendements et le niveau de vie. -
Omers renonce à nommer un nouveau directeur des investissements
Le fonds de pension canadien des agents de la fonction publique de l'Ontario, qui pèse 145,2 milliards de dollars canadiens d'actifs nets, redistribue les responsabilités de son ancien directeur des investissements entre plusieurs dirigeants. -
Schroders Capital anticipe un triplement des opérations de continuation d'ici 2035
Le marché mondial des opérations de continuation pourrait dépasser 330 milliards de dollars d'ici 2035, contre 109 milliards en 2025. Selon Schroders Capital, cette dynamique traduit une évolution structurelle du private equity et accompagne le recul des cessions entre sponsors.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
- Les cinq motifs d’inquiétude sur la bulle IA
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
Contenu de nos partenaires
-
Loi d'urgence agricole : les 5 points de discorde majeurs qui opposent le Sénat et l'Assemblée
Le Sénat a tranché en faveur d’un texte plus souple mais le vrai combat s’ouvrira le 16 juillet lors d’une Commission mixte paritaire (CMP) où députés et sénateurs tenteront de concilier leurs visions divergentes -
Flagrant délitEn Inde, une affaire de détournement de fonds fragilise le BJP de Narendra Modi
Déjà affaiblie par les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, la formation du Premier ministre est mise en cause dans un scandale autour du temple de Ram sur lequel elle a bâti sa popularité -
La France doit reconnaître la filiation actée par un tribunal étranger d'un enfant né par GPA, dit la Cour de cassation
Cette décision du 3 juillet concerne un couple d'hommes français résidant au Canada et pères de trois enfants. Pour la Cour de cassation, l'interdiction de la GPA en France ne suffit plus à bloquer l'exequatur d'un jugement de filiation étranger