Le baril de brut américain arrive en territoire négatif
La valeur du baril coté à New York pour livraison en mai est passée dans le rouge lundi soir.
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Capucine Cousin
Les stocks de pétrole débordent et les investisseurs cherchent à se débarrasser de leurs barils.
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Image par Mohamed Aly de Pixabay
La chute irrépressible des cours du pétrole s’est confirmée lundi en fin de journée. Pour la première fois depuis sa création en 1983, le prix du baril de brut américain (West Texas Intermediate, WTI) pour livraison en mai est passé en territoire négatif - les vendeurs proposent désormais de payer les acquéreurs pour ce contrat. En cause, le surapprovisionnement du marché, lié à une chute de la demande après les restrictions mises en oeuvre dans de nombreux pays pour lutter contre la propagation du coronavirus, qui entraîne des problèmes de stockage aux Etats-Unis.
En clôture lundi soir, le cours du WTI pour livraison en mai, qui arrive à échéance mardi, a fini en baisse de 150% à -37,63 dollars. Un prix qui n’intéressera que les acheteurs ayant conclu des contrats à terme arrivant à échéance à minuit. Néanmoins, la dégringolade pourrait se poursuivre et concerner davantage de clients. Et il y a des chances pour que ce soit le cas : les réserves sont pleines partout dans le monde et personne n’achète de pétrole actuellement. L’opérateur boursier CME Group a déjà confirmé, lundi, que si le contrat à terme sur le brut WTI s'établissait entre 8 et 11 dollars, un nouveau modèle de prix serait mis en place pour autoriser des prix négatifs.
Parallèlement, le baril pour livraison en juin a cédé 18% à 20,43 dollars lundi soir. Le Brent de la Mer du Nord à même échéance a fini en baisse de 5,22% à 29,93 dollars, traduisant le déséquilibre persistant entre l’offre et la demande.
Ce nouveau repli des cours intervient en dépit des réductions de production récemment annoncées par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et le G20. Pour la plupart des analystes, ces baisses de production, qui représentent 20 millions de barils par jour (bpj), sont insuffisantes pour compenser l’effondrement de la demande (30 millions de bpj).
Les opérateurs sont particulièrement préoccupés par l’augmentation des stocks à Cushing, en Oklahoma - un centre névralgique pour le commerce du pétrole brut aux Etats-Unis. Selon les derniers chiffres en date de l’EIA, l’agence fédérale américaine d’information sur l'énergie, les stocks de brut aux Etats-Unis ont augmenté de 19 millions de barils en une semaine, une hausse sans précédent, pour atteindre 503 millions de barils. «Comme la production reste relativement peu touchée, les stocks augmentent de jour en jour. Le monde consomme de moins en moins de pétrole et les producteurs réalisent désormais que cela doit se traduire dans les cours», explique Bjornar Tonhaugen, responsable des marchés pétroliers au cabinet d'études spécialisé Rystad, cité par Reuters.
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