LBO France abandonne Eryma Services aux mains d’industriels
L’échec officiel de LBO France dans le cadre de son investissement dans Eryma Services, société acquise dans le cadre d’un build-up en 2007 et placée en redressement judiciaire l’été dernier, risque de créer des remous dans le panorama français du capital investissement. A la suite d’un délibéré de deux jours, le tribunal de commerce de Lyon s’est prononcé mercredi en faveur d’une reprise de la société spécialisée dans la sûreté électronique par les deux seuls candidats restés sur les rangs, VMH (société lyonnaise de sécurité) et la SSII marseillaise Interway.
Les partenaires sociaux se heurtent au refus de LBO France concernant le paiement de primes supra-légales. Un rapport mené par un expert nommé par la justice, ayant pour mission de se pencher sur les causes du dépôt de bilan d’Eryma Services, est attendu pour la première quinzaine de novembre. «Nous attendons ce rapport et envisageons des poursuites», indique à L’Agefi une source syndicale. Les partenaires sociaux condamnent la politique d’acquisition menée par le fonds d’investissement et plus spécifiquement le rachat en 2008 d’une société concurrente Resoserv.
Dans le cadre des deux offres indépendantes de VMH et Interway, qui reprennent respectivement les activités dédiées aux banques et celles dédiées aux clients particuliers, «272 salariés vont être licenciées sur un effectif global de 610 personnes», explique la source syndicale.
VMH, aux côtés de deux personnes physiques, reprend via une société ad hoc dotée de 900.000 euros le fonds de commerce des activités d’Eryma Services dédiées aux banques pour 100.000 euros, auxquels s’ajoutent une reprise de passif de l’ordre de 500.000 euros. VMH conserve quelque 240 postes, contre une centaine pour Interway.
«Une trentaine de sociétés s’étaient manifestées au début du processus pour la reprise d’Eryma Services. Quatre entreprises ont par la suite été retenues, mais deux d’entre elles (la société lyonnaise de maintenance technique Emalec et l’agence de sécurité et de transports de fonds Brinks, ndlr) se sont finalement retirées en octobre», explique la source syndicale. Contacté par L’Agefi, LBO France a souhaité ne faire aucun commentaire sur l’ensemble de la procédure.
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