L’attrait de la France s’est érodé aux yeux des investisseurs étrangers
La 11e édition du baromètre Ernst & Young sur l’attractivité de la France montre une érosion de la position concurrentielle du pays par rapport à ses voisins européens aux yeux des investisseurs étrangers. Alors que les implantations internationales en Europe ont poursuivi leur progression l’an dernier (+4% avec 3.906 projets), l’Hexagone n’a attiré que 540 nouveaux projets (-4% par rapport à 2010) et il se voit rétrogradé à la troisième place du podium derrière l’Allemagne (+7% avec 597 projets recensés).
La première destination des investisseurs étrangers dans la région reste le Royaume-Uni, avec 679 projets et 29.888 créations d’emplois associées contre 17.276 emplois en Allemagne et 13.164 postes créés en France. Malgré des difficultés économiques importantes, l’Espagne se classe quatrième avec 273 nouveaux projets en 2011 (+61% d’une année sur l’autre), sous l’impulsion d’investisseurs américains, allemands, français et plus récemment chinois qui apprécient ses infrastructures modernes et sa main d’œuvre qualifiée.
En dépit d’une moins bonne performance globale, la France a conservé l’an dernier sa première place européenne pour les investissements directs étrangers concernant des sites de production, avec 170 projets annoncés (+19%) dont près des trois quarts concernaient des extensions d’implantations existantes. Ces projets industriels ont représenté près de 60% du total des emplois créés.
«Si la France souffre d’un déficit de compétitivité, notamment en raison d’un coût du travail trop élevé et de la rigidité de son cadre juridique et fiscal, elle dispose d’atouts conséquents liés à sa localisation géographique, servie par des infrastructures et des compétences de niveau mondial, sans oublier une disponibilité foncière appréciable» commente Marc Lhermitte, associé Ernst &Young en charge du baromètre. Il serait également important de «conforter les dispositifs de soutien à l’innovation, comme le crédit impôt-recherche ou les investissements d’avenir, et démultiplier le nombre de PME leaders à l’international».
Pour que la France puisse mieux tenir sa place dans une économie mondialisée, elle doit enfin faire un effort particulier vers les pays émergents. Elle a en effet attiré l’an dernier seulement 23 projets émanant des Bric (soit 9% du total européen), contre 54 projets pour le Royaume-Uni (20%) et 69 pour l’Allemagne (26%).
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