L’AMF porte un regard mesuré sur le rôle des traders haute fréquence
Parfois accusés de déstabiliser les marchés financiers, les acteurs du trading haute fréquence (HFT) ne méritent pas le procès qui leur est fait. Telle est la conclusion que l’on peut tirer de l’étude publiée hier par l’Autorité des marchés financiers (AMF) sur le secteur. Le gendarme boursier a passé au crible l’activité des acteurs du HFT sur les valeurs du CAC 40 entre novembre 2015 et juillet 2016, en analysant à la fois leur présence dans le carnet d’ordres (la liquidité théorique) et les volumes effectivement traités (la liquidité contribuée ou consommée).
Conclusion : «les acteurs du trading à haute fréquence sont un soutien important à la liquidité en temps ordinaires», selon l’AMF. Ils représentent en moyenne 80% de la quantité présente aux trois meilleures limites du carnet d’ordres (meilleur prix proposé à l’achat ou à la vente). En revanche, «les HFT consomment plus de liquidité qu’ils n’en apportent et plus particulièrement durant les périodes de forte volatilité».
Leur comportement varie surtout selon le moment de la journée et la teneur des annonces qui affectent le marché, alors que la présence des acteurs non-HFT reste, elle, relativement constante. C’est en début de journée que leur effet est le plus positif. Durant la première heure de trading, ils augmentent progressivement la liquidité proposée. C’est là que «les HFT participent activement à réduire le spread» entre les prix offerts à l’achat et à la vente, constate l’AMF. A contrario, ils se retirent du marché dans la dernière demi-heure précédant la fermeture du marché parisien, n’ayant pas vocation à porter des positions jusqu’au lendemain.
Lorsque des événements sont attendus et peuvent avoir un impact sur les cours, par exemple les décisions de politique monétaire ou la publication de statistiques économiques, «les HFT se retirent avant les annonces contrairement aux autres participants de marché», jusqu’à -80% pour les plus importantes, note l’AMF. Mais ils «reviennent rapidement après les annonces» pour faire des arbitrages. «Les stratégies de market-making (non directionnelles) évitent les mouvements de prix brusques ; le retrait des HFT dans les secondes qui précèdent une annonce prévue est donc un comportement rationnel», estime l’Autorité.
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