L’action Solutions 30 s’effondre à la Bourse de Paris
Sans surprise après les annonces de la société vendredi 21 mai puis hier dimanche 23 mai, l’action Solutions 30 était incotable ce lundi matin à la Bourse de Paris, réservée à la baisse, pour sa reprise de cotation après deux semaines de suspension. Après un peu plus d’une heure de suspension, l’action a ouvert à 3,02 euros, en chute de 70%. Après être remonté à 4 euros, le cours est retombé vers 2,83 euros à la mi-séance. Elle a fini la journée sur une chute de 70,62% à 3,05 euros, dans d'énormes volumes : l'équivalent d’un tiers du capital a changé de mains.
Solutions 30 a révélé dimanche les raisons pour lesquelles EY Luxembourg, son réviseur d’entreprise (commissaire aux comptes), n’a pas souhaité rendre d’opinion sur ses comptes consolidés 2020.
« Nous n’avons pas pu recueillir des éléments probants suffisants et appropriés justifiant la nature, la substance, la valeur et la conformité avec les lois et règlements de certaines transactions réalisées par le groupe et déterminer si ces transactions ont été conclues avec des parties liées y compris les membres de la direction », explique EY Luxembourg dans un rapport que Solutions 30 dit avoir reçu ce week-end et mis en ligne ce dimanche.
Le cabinet d’audit ajoute que « le groupe n’a pas donné suite à (ses) demandes de diligences complémentaires en lien avec les travaux d’investigation diligentés par le conseil de surveillance ».
Selon EY, « les incidences éventuelles sur les états financiers consolidés d’anomalies non détectées pourraient être à la fois significatives et avoir un caractère diffus. Par conséquent, nous n’avons pas été en mesure de déterminer si des ajustements significatifs auraient pu, le cas échéant, s’avérer nécessaires sur les états financiers consolidés du groupe au 31 décembre 2020 ».
Vendredi, la direction de Solutions 30 avait dit ne pas connaître les raisons expliquant la décision d’EY qui lui avait été signifiée le 20 mai. EY Luxembourg avait déclaré quelques heures plus tard « que les déclarations contenues dans le communiqué de Solutions 30 reflètent les affirmations de la société, et non celles d’EY ».
« Profond désaccord »
Dans un communiqué publié ce dimanche, Solutions 30 se dit « en profond désaccord avec les fondements exprimés par EY », assurant que « ses équipes ont répondu avec diligence aux demandes de documents et d’information du réviseur d’entreprises et ont communiqué l’intégralité des éléments dont dispose le groupe ». La société rappelle que les honoraires du réviseur d’entreprises, d’un montant de 2,4 millions d’euros, ont augmenté de plus de 30% par rapport à 2019, année de transition aux normes IFRS qui avait nécessité un audit d’EY.
Solutions 30 ajoute que la note 17 des comptes consolidés 2020 fait l’inventaire de toutes les transactions liées et assure que « celles-ci ont toutes été réalisées à des conditions normales de marché ». Ces transactions liées faisaient partie des critiques émises par Muddy Waters, le fonds activiste américain, qui avait initié une position de vente à découvert sur Solutions 30 depuis 2019. Certaines d’entre elles ont été réalisées avec des dirigeants ou membre du conseil de surveillance de Solutions 30.
Solutions 30 reconnaît néanmoins que les discussions avec EY « sur les déclarations écrites rédigées et demandées par EY, se sont traduites par un désaccord ».
« Cette position d’EY est inhabituelle », réitère le groupe, selon lequel « elle ne constitue ni une certification, ni une certification avec réserve, ni une opinion défavorable ». « Si EY avait trouvé des choses, il aurait dû le dire », ajoute une source proche du groupe. Selon cette dernière, « la priorité du groupe est de faire certifier ses comptes ». Vu le divorce avec EY, Solutions 30 devra probablement désigner un nouveau commissaire aux comptes. En revanche, compte tenu du délai, il est peu probable que le groupe puisse présenter des comptes audités lors de son assemblée générale, dont la date a été fixé au 30 juin.
Procédure de conciliation
Malgré ce contexte inédit, et en l’absence d’opinion de ses commissaires aux comptes, Solutions 30 réaffirme ce dimanche les états financiers 2020 tels qu’approuvés par son conseil de surveillance et publiés fin avril. Le groupe ajoute que sa « position de trésorerie a été constatée en totalité au crédit des comptes bancaires pour un montant de 159 millions d’euros figurant à l’actif du bilan au 31 décembre 2020 ».
Compte tenu des conséquences que cette absence d’opinion pourrait avoir sur ses relations avec ses partenaires, clients ou banques, Solutions 30 avait annoncé vendredi avoir demandé au tribunal de commerce de Bobigny d’engager une procédure de conciliation.
Analystes et gérants montrés du doigt
Ce lundi matin, Muddy Waters a publié une nouvelle lettre pour réitérer la plupart de ses griefs à l’encontre du groupe Solutions 30, qualifié de «ruches d’irrégularités». Le fonds, qui continue d’accuser Solutions 30 de diverses fraudes dont du blanchiment d’argent, se range du côté d’EY Luxembourg : «Il est évident que ce qui se cache derrière les portes que EY n’a pas pu ouvrir est hautement problématique pour l’entreprise». Le fonds estime que les expertises réalisées par les cabinets Didier Kling et Deloitte n’ont pas permis de faire la lumière sur la situation de l’entreprises car commandées par Solutions 30. Muddy Waters met également en cause l’aveuglement de certains analystes financiers et gérants de fonds, particulièrement friands des performances de l’action.
Oddo BHF, Berenberg ou bien encore Midcap Partners ont revu ou suspendu leur recommandation. «Dans ce contexte exceptionnel», Oddo BHF a décidé de suspendre son objectif de cours «car il nous est difficile de nous appuyer sur un modèle de valorisation», indique le courtier dans une note envoyée lundi à ses clients. L’intermédiaire financier a abaissé sa recommandation de neutre à sous-performance. «Nous n’avons plus suffisamment confiance dans les états financiers de l’entreprise pour fournir une recommandation sur les actions Solutions 30», commente Berenberg. Jusqu'à maintenant, la banque d’affaires conseillait d’acheter l’action Solutions 30 et visait un cours de 20,50 euros.
Contactée lundi par l’agence Agefi-Dow Jones, une porte-parole de Solutions 30 n'était pas immédiatement en mesure de commenter ces nouvelles déclarations de Muddy Waters.
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Le dirigeant chinois lui a aussi promis l’achat de 200 «gros» Boeing, a-t-il dit. C’est considérable, mais moindre que la commande de 500 avions monocouloirs 737 MAX et d’une centaine de gros porteurs (787 Dreamliner et 777) évoquée par la presse depuis des mois. La Chine est un partenaire stratégique et économique primordial pour l’Iran qui lui destine la grande majorité de ses exportations de pétrole. Elle est directement touchée par la quasi-fermeture, sous l’effet des blocus iranien et américain, du détroit d’Ormuz par lequel transite une grande part de ses acquisitions d’hydrocarbures, d’Iran mais aussi d’autres pays du Golfe. L’Iran a annoncé jeudi, en plein sommet pékinois, que ses forces avaient autorisé le passage de plusieurs navires chinois. Washington voudrait voir Pékin user de son influence sur Téhéran pour contribuer à une sortie de crise dans le Golfe. Tout en s’employant diplomatiquement, Pékin a observé jusqu'à présent une grande retenue. «Nation en déclin» C’est l’un des sujets de crispation que le sommet est destiné à atténuer, sinon à dissiper. Ils abondent: Iran donc, Taïwan, relations commerciales, restrictions d’accès aux terres rares et aux semi-conducteurs, intelligence artificielle et propriété intellectuelle... Ils se sont manifestés ouvertement jeudi avec une mise en garde vigoureuse du président chinois quant au risque de «conflit» entre Chine et Etats-Unis au sujet de Taïwan. Les propos de M. Xi ont dominé le premier jour de la visite. La compétition - stratégique, commerciale, technologique - est extensive et la Chine semble miser sur un déclin des Etats-Unis, subtilement évoqué par Xi Jinping lui-même lorsqu’il a cité l’historien de l’Antiquité grecque Thucydide, théoricien du risque de guerre lorsqu’une puissance émergente entre en rivalité avec une puissance dominante. M. Trump a répondu jeudi soir dans un message sur sa plateforme Truth Social. «Le président Xi a fait très élégamment référence aux Etats-Unis comme étant peut-être une nation en déclin», a-t-il dit. Mais selon lui, l’homme fort de Pékin avait à l’esprit les Etats-Unis de son prédécesseur Joe Biden, pas l’Amérique actuelle. «Il y a deux ans, nous étions effectivement une nation en déclin. Aujourd’hui, les Etats-Unis sont le pays le plus génial de la planète», a-t-il dit. «Stabilité constructive» Depuis le retour de M. Trump à la Maison Blanche, Chine et Etats-Unis se sont livré une âpre guerre commerciale aux répercussions planétaires, à coups de droits de douane exorbitants et de restrictions multiples. MM. Trump et Xi ont conclu une trêve en octobre et, depuis, la Cour suprême américaine a mis à bas les droits de douane généralisés de l’administration Trump. Mais le cessez-le-feu commercial reste exposé à l’instauration de nouvelles surtaxes américaines envisagées par le républicain. Actuellement, l'économie mondiale et la Chine ressentent les effets de la guerre menée par M. Trump avec Israël contre l’Iran. M. Xi a réaffirmé jeudi le vœu chinois de certitude et de prévisibilité dans un monde en proie aux turbulences. Lui et M. Trump se sont entendus pour désigner désormais les rapports sino-américains comme une «relation de stabilité stratégique constructive», selon la diplomatie chinoise. Le président chinois a promis d’ouvrir «toujours plus grand» la Chine aux entreprises étrangères. Avec l’excédent commercial chinois, les pratiques déloyales ou les violations de propriété intellectuelle imputées à la Chine, les obstacles à l’accès au marché chinois sont l’un des grands griefs des Etats-Unis, comme d’autres pays développés, à l’encontre de Pékin. M. Trump a emmené avec lui une importante délégation de grands patrons. 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