L’accélération de la tendance inflationniste valide le nouveau scénario de la Fed
La Fed peut s’appuyer sur la solidité de l’emploi américain pour hâter son programme de resserrement monétaire. Les marchés ont porté leur attention sur l’accélération de la hausse des salaires horaires à un rythme annuel de 2,9% au mois de décembre 2016 proche de l’objectif implicite de la Fed de 3% et à un niveau qui n’avait pas été connu depuis le mois de juin 2009. Les rendements des Treasuries et le dollar ont ainsi retracé vendredi une partie de leur baisse du début de semaine dernière. Cette accélération des pressions inflationnistes sur les salaires aux Etats-Unis qui fait suite à un rebond des anticipations d’inflation depuis l’élection de Donald Trump intervient avant même la mise en place des mesures de relance promises par la nouvelle administration censées stimuler la croissance et l’inflation.
Si elles sont ressorties à un niveau légèrement plus faible qu’attendu, les créations d’emplois aux Etats-Unis sont restées solides à 156.000 le mois dernier, ce qui les porte à 2,2 millions sur l’ensemble de l’année dernière et correspond ainsi à un rythme mensuel de 180.000 au cours des 12 derniers mois. «Ce rythme est plus que suffisant pour absorber la hausse de la population active», indique d’ailleurs ING. Le rebond du taux de chômage américain a en outre été limité à 0,1 point et s’est accompagné dans le même temps d’une augmentation identique à 62,7% du taux de participation. Le chômage avait chuté à un niveau de 4,6% en novembre très proche de son étiage du haut du cycle précédent enregistré à la fin 2006, avant l’éclatement de la crise financière. Celle-ci a ensuite entraîné la perte de 8 millions d’emplois.
«L’accélération de la hausse des salaires semble coïncider avec le passage du taux de chômage en-dessous du seuil de 5%, ce qui met la pression sur la Fed pour ramener ses taux plus rapidement à la neutralité», estime Citigroup. Membres du FOMC et marchés sont d’ailleurs désormais alignés sur un rythme de trois hausses des taux des Fed funds au cours de l’année 2017. «Même sans le coup de pouce fiscal attendu, les craintes que la Fed soit en retard sur le cycle se renforcent», alerte Citigroup. Les minutes de sa dernière réunion ont révélé qu’un grand nombre de ses membres craignent que la baisse du taux de chômage sous son niveau d’équilibre nécessite une hausse des taux plus rapide «afin de limiter les pressions sur le marché du travail et enrayer la possible reconstruction de pressions inflationnistes».
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