La Sfil se défend après le jugement de Nanterre opposant Dexia à la Seine-Saint-Denis
En reprenant les encours de Dexia Municipal Agency (DMA), la Société de financement local (Sfil) a aussi hérité de ses ennuis judiciaires. Après l’appel suspensif de Dexia contre le jugement de Nanterre, qui impose l’application du taux légal (0,04% à ce jour) à trois prêts de Seine-Saint-Denis, «nous avons engagé, vendredi dernier, une «intervention volontaire» auprès de la cour d’appel de Versailles,démarche qui permet d’avoir les informations nécessaires sur le déroulement de la procédure et de défendre nos intérêts», annonce Philippe Mills, PDG de la Sfil, à L’Agefi. La nouvelle banque publique de collectivités, conseillée par JonesDay, ne prévoit pas de passer des provisions sur les crédits concernés, logés dans sa filiale Caffil.
Malgré le précédent créé par le jugement de Nanterre et les critiques des élus sur le traitement de leurs prêts toxiques, la Sfil balaie les doutes sur son arrivée prochaine sur les marchés. Sur les 3 à 5 milliards d’obligations foncières annoncés initialement, «nous allons émettre environ 3 milliards d’euros cette année, dont un premier milliard la deuxième quinzaine de juin, indique Philippe Mills. Le marché est favorable à l’arrivée d’un nouvel acteur: les émissions de covered bonds (obligations foncières, ndlr) en euros sont inférieuresde 38 milliards aux tombées, au premier trimestre».
En amont, «nous avons tenu des conférences avec les analystes, presque fini de mettre à jour notre documentation juridique et rencontré toutes les banques spécialistes de ce marché, poursuit le dirigeant. Dans les semaines à venir nous choisirons les quatre ou cinq banques qui conduiront notre première émission en fonction de leur activité sur les covered bonds, de la qualité de leur recherche, de leurs propositions de roadshows et de l’animation du marché secondaire. Elles devront aussi figurer parmi les banques les mieux notées par l’Agence France Trésor», dont Philippe Mills est l’ancien patron.
Les émissions doivent permettre à la Caffil de refinancer son bilan (69 milliards d’actifs éligibles) et d’héberger les nouveaux crédits de long terme vendus parLa Banque Postale (LBP) aux collectivités et aux hôpitaux. «Nous prendrons les prêts qui correspondront à nos critères de qualité», prévient Philippe Mills. «Aujourd’hui plus de 80% des prêts de LBP aux collectivités sont cessibles à Caffil», précise Florent Lecinq, directeur financier de la Sfil.
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