La sanction de Fitch n’empêche pas François Hollande de déceler la reprise
Quand bien même François Hollande a reconnu hier depuis les jardins de l’Elysée à l’occasion de l’interview du 14 juillet qu’il ne pourrait dispenser de «tour de passe-passe», le chef de l’Etat a exhorté les Français à ne pas «céder au pessimisme», car «la reprise, elle est là». Le président a cité la relance de la production industrielle, de la consommation ainsi qu’un frémissement des embauches. «Il y a l’assurance que le second semestre sera meilleur que le premier» a indiqué François Hollande.
Un discours rassurant au jour de la Fête nationale, survenu deux jours après la sanction infligée par Fitch. L’agence de notation a en effet privé vendredi la France de son dernier «AAA», la note souveraine optimale, après les abaissements déjà effectués l’an dernier par S&P et Moody’s. La note «AA+» allouée par Fitch est assortie d’une perspective stable.
L’agence a invoqué des perspectives économiques «nettement plus faibles» que lors de son dernier examen en décembre 2012. L’agence table sur un endettement brut de l’Etat culminant à 96% du PIB en 2014 avant de baisser jusqu’à 92% en 2017, des estimations en hausse de 2 points. Les niveaux de dette publique pour 2014 et au-delà ne seraient plus compatibles avec la note optimale, en dépit des efforts d’un gouvernement qui se heurte à une conjoncture difficile (avec une contraction de 0,3% du PIB cette année et des hausses de 0,7 et 1,5% en 2014 et 2015).
Fitch met en outre en avant des difficultés structurelles, «en particulier un déclin de la compétitivité et de la rentabilité des entreprises, ainsi que des rigidités persistantes dans le marché du travail et celui des biens et services».
Alors que le ministre de l’Economie Pierre Moscovici a souligné dès vendredi la confiance des investisseurs en une dette française bénéficiant de taux historiquement bas, gage de la pertinence du cap suivi par le gouvernement, François Hollande a assuré hier qu’il recourrait «dans l’idéal, le moins possible» à des augmentations d’impôts l’an prochain, et qu’il privilégierait le recul des dépenses afin de boucler le budget. «Je ne ferai d’augmentations d’impôts que si elles sont absolument indispensables», a scandé le Président, tout en reconnaissant qu’il y aurait «des financements à assumer» en 2014.
«Il y a de grandes questions qui nous attendent», a-t-il souligné, citant la réforme des retraites ou celle de la formation professionnelle.
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