La procureure dédouane UBS dans le cadre du procès de son ex-trader
Le procès de Kweku Adoboli s’est ouvert à Londres la semaine passée. Alors que l’ancien courtier d’UBS est accusé d’avoir fait perdre 2,3 milliards de dollars (1,8 milliard d’euros) à la banque suisse, la direction d’UBS a été dédouanée par la procureure britannique Sasha Wass. Les dirigeants «le respectaient et (Kweku Adoboli) a abusé de cette confiance pour les tromper», a-t-elle estimé.
L’ancien courtier, dont le procès devrait s’étendre sur deux mois, a fait courir à UBS le risque d’une perte allant jusqu’à 12 milliards de dollars dans le cadre de positions frauduleuses non couvertes et il a dès lors «mis en péril l’existence même d’UBS», a indiqué la procureure. Selon elle, les transactions non autorisées du courtier ont généré une perte de l’ordre de 10% de la capitalisation d’UBS, soit 4,5 milliards de dollars.
Kweku Adoboli, qui risque jusqu’à dix ans de prison dans le cadre de ces poursuites pour «abus de position» et «fraudes comptables», travaillait dans le département «delta one» spécialisé sur les fonds indiciels (ETF). L’ancien courtier est accusé d’avoir truqué les comptes et mis en place des transactions fictives afin de masquer des positions non autorisées prises entre 2008 et septembre 2011, date de la révélation de l’affaire.
«Les trois règles essentielles du contrôle des risques sont les limites de trading, la couverture et le report précis des échanges. Monsieur Adoboli les a toutes outrepassées», a estimé la procureure.
Dans le cadre de ce procès, dans lequel l’ancien courtier plaide «non coupable», l’établissement bancaire UBS n’interviendra qu’en qualité de témoin. Les autorités de régulation britannique et suisse se sont penchées sur le dossier, le cabinet KPMG étudiant par ailleurs le rôle éventuel d’UBS dans cette affaire. La révélation au grand jour du scandale avait conduit à la démission du patron de l’établissement bancaire suisse, Oswald Grübel.
La banque a depuis renforcé ses contrôles internes et réduit ses bonus au titre de 2011. Kweku Adoboli, dont le salaire atteignait 36.000 livres (44.500 euros) en 2006, époque où il était entré chez UBS en tant que stagiaire, a touché plus de dix fois ce montant au titre de 2010.
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