La plainte pour entente sur des LBO américains devra voir son objet restreint
Un juge fédéral de Boston autorise néanmoins la poursuite de la procédure menée depuis 2007 contre de nombreux fonds de private equity
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Yves-Marc Le Reour
La plainte pour entente sur des LBO américains devra voir son objet restreint - Photo : Fotolia
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C’est une décision en demi-teinte qu’a rendue mercredi soir un juge fédéral de Boston concernant la plainte déposée en 2007 à l’encontre de 11 grands fonds de capital-investissement. Les anciens actionnaires de 27 sociétés américaines (Clear Channel, TXU, HCA, Freescale Semiconductor, Toys ‘R’ Us…) rachetées entre 2003 et 2007 reprochaient en effet à ces fonds de private equity de s’être entendus sur les prix et s’être partagé le marché lors de la formation des consortiums destinés à piloter ces opérations, menées sous forme de LBO dans 70% des cas examinés.
Tout en constatant que cette pratique ne reflétait pas «une conduite indépendante des affaires», le juge Edward Harrington a souligné n’avoir pas trouvé d’indices, notamment dans la communication entre les défendeurs, qui témoigneraient d’une «conspiration globale» destinée à faire baisser la valorisation des sociétés acquises.
Il a néanmoins autorisé la poursuite de la procédure engagée, à condition que les plaignants en limitent plus strictement l’objet. Celui-ci devrait uniquement être fondé sur le fait que ces groupes de capital-investissement (incluant Bain Capital, Blackstone, Carlyle, Apollo, TPG, la division private equity de Goldman Sachs) ont noué des accords pour ne pas avoir à surenchérir l’un contre l’autre après l’annonce des transactions.
Les deux parties ont trouvé des motifs de satisfaction dans ce jugement. Christopher Burke, associé au cabinet d’avocats Scott & Scott qui représente les plaignants, a indiqué que ces derniers allaient poursuivre la procédure, avec des enjeux s’élevant toujours à «plusieurs milliards de dollars». Considérant que la décision rendue constituait une première étape vers une exonération totale de responsabilité, une porte-parole de KKR a souligné que la procédure restante «était toujours sans objet» et que le groupe allait «continuer à la contester».
La restriction de l’objet de cette plainte «va rendre la tâche des demandeurs plus ardue», avance Darren Bush, professeur à l’université de Houston, spécialisé dans le droit de la concurrence. Son collègue Maurice Stucke, professeur à l’université du Tennessee, estime de son côté que cette limitation «pourrait inciter les parties à négocier un accord à l’amiable». Enfin, dans le cas particulier du LBO concernant le gestionnaire de cliniques HCA, les demandeurs tenteront également de faire accepter le principe d’une action en nom collectif (class action).
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