La levée du risque politique enfonce la volatilité à un plancher
La faiblesse de la volatilité commence à inquiéter les acteurs de marché. Le recul du risque politique en France avec l’élection d’Emmanuel Macron qui met fin aux craintes de voir un parti protectionniste et anti-européen accéder au pouvoir, a accéléré la baisse de la volatilité sur l’ensemble des marchés. Sur les marchés actions, le niveau de l’indice VIX américain est ainsi passé la semaine dernière sous le seuil des 10%, pour la première fois depuis 1993, alors qu’il était monté à près de 16% mi-avril. Les variations quotidiennes de l’indice S&P 500 constatées récemment sont même les plus faibles de son histoire. Parallèlement, le V2X, l’équivalent européen du VIX mesurant la volatilité de l’Eurostoxx 50, a chuté à environ 14% en fin de semaine dernière après avoir dépassé le seuil des 25% le 21 avril dernier.
«La tendance actuelle à la baisse de la volatilité des changes rappelle l’année 2014, lorsque qu’elle a chuté à des plus bas historiques, et qu’il avait fallu un choc d’offre sur les prix du pétrole pour inverser la tendance. Dans ce contexte, faute de catalyseur macroéconomique au cours des prochains mois et sous l’effet du débat sur la divergence entre sentiments et données économiques, une répétition de la période de faible volatilité de 2014 devrait s’installer», estime Nomura. La volatilité implicite 3 mois sur les cours croisés du dollar, euro, livre sterling et yen est revenue sur son niveau de fin 2014, alors que les trois premières ne sont plus qu’à un point des plus bas de 5% à 6% atteints mi-2014. A 7%, l’indice CVIX de volatilité des taux de change de Deutsche Bank n’est plus qu’à 2 points de son point bas de juillet 2014.
«Une confiance des investisseurs au plus haut, selon l’enquête Sentrix, une volatilité implicite au plus bas, et le sentiment d’une accélération de l’activité économique mondiale! Tout semble réuni pour une repondération des actifs risqués dans les portefeuilles internationaux», estime Aurel BGC. Les achats nets d’actions ont atteint un record de 8,8 milliards de dollars sur la semaine achevée mercredi dernier. Les actifs émergents ont aussi la cote avec 2,2 milliards de flux nets supplémentaires, ce qui portent les flux cumulés à 22 milliards pour les actions et 30 milliards pour les obligations souveraines émergentes, avec des hausses plus fortes que celle des flux vers les fonds des marchés développés, sur les actions (+2,1% contre +1,3%), et plus fortement sur les obligations d’Etat (+8,5% contre +3%).
Plus d'articles du même thème
-
La FTN retient huit fonds d'actions tech pour l'équivalent de 16 milliards d'euros d'encours
L'agence publique suédoise de sélection de fonds cherchait à renouveler son offre de fonds d'entreprises technologiques gérés activement et investis mondialement. -
Les investisseurs se délestent des petites valeurs françaises
La Bourse de Paris est la lanterne rouge des marchés européens avec une sous-performance encore plus marquée des petites et moyennes capitalisations, plus sensibles au risque domestique. Les investisseurs arbitrent en faveur des autres marchés en Europe. -
Contentieux boursier 2025-2026 : une saison particulièrement fournie (1/2)
Henri-Louis Delsol, avocat associé et Dafna Davidova, avocat chez Delsol avocats, examinent dans cette tribune en deux parties les contentieux boursiers de 2025 et 2026. Avec ce premier volet, ils analysent dans le détail trois des cinq affaires emblématiques de cette période.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
OffensiveA l’ONU, Benjamin Nétanyahu charge la France et s’enfonce dans l’isolement
Le Premier ministre israélien a dénoncé les critiques de Paris et Londres, qui ont imposé des sanctions sur les produits issus des colonies israéliennes, en rappelant leur propre passé de pays colonisateurs. -
Que vaut la nouvelle Grande Table du Plaza Athénée ?
Après le départ de Jean Imbert, le restaurant gastronomique du Plaza Athénée ouvre une nouvelle page. L’adresse de l’avenue Montaigne a choisi de miser sur son équipe historique et sur une cuisine plus généreuse pour élaborer un menu en six actes, entracte en cuisine compris, avec une deuxième étoile en ligne de mire. -
Bons élèvesAu RN, Ciotti et Maréchal se disputent le premier rang
Les deux alliés du parti jouent des coudes. Entre preuves de loyauté et atouts revendiqués, leurs entourages se livrent un discret match pour savoir lequel des deux sera le plus utile pour 2027