La justice américaine se penche sur l’IPO de Snap
Snap aurait-il surévalué ses chiffres lors de son introduction en Bourse en mars 2017? Le département américain de la Justice (DoJ) et la Securities and Exchange Commission (SEC) exigent de Snap, la société mère de Snapchat, la populaire application mobile de partage de photos et de vidéos, qu’elle leur transmette des informations relatives à son IPO en mars 2017, a déclaré à Reuters le propriétaire de la messagerie Snapchat.
Ces investigations au niveau fédéral contre le réseau social, qui n’avaient pas été rendues publiques jusqu’ici, font suite à une action en justice intentée par des actionnaires. Ils accusent Snap d’avoir induit le public en erreur sur la manière dont la concurrence d’Instagram, un service de Facebook, avait affecté sa croissance. Il a reconnu faire l’objet d’une enquête à la suite du dépôt par le gouvernement américain d’un dossier sous scellés mercredi dernier.
Snapchat, qui revendiquait 158 millions d’utilisateurs quotidiens avant son IPO, est parvenu seulement à 186 millions au troisième trimestre 2018. Dans son prospectus d’IPO, Snap avait prévenu que la nouvelle fonctionnalité de publication éphémère d’Instagram, baptisée Stories, copiait l’un des éléments essentiels de Snapchat et «pouvait être directement concurrentielle». Les investisseurs estiment que Snap a minimisé le risque, ajoutant que la société aurait dû attribuer le ralentissement de la croissance du nombre d’utilisateurs fin 2016 à Instagram
La croissance du nombre d’utilisateurs de Snapchat est jugée décevante depuis l’IPO de Snap pour 3,4 milliards de dollars (3 milliards d’euros). L’action, introduite à 17 dollars en 2017, déjà avec difficulté, n’a cessé de baisser et a fini hier en repli à 6,71 dollars, en dépit d’une croissance du chiffre d’affaires supérieure aux attentes et d’une perte en repli. La société, initialement valorisée 30 milliards de dollars, est valorisée aujourd’hui 8,9 milliards.
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