La gestion des prêts toxiques de Dexia sera partagée
Le casse-tête va continuer pour les collectivités. Pour renégocier leurs crédits toxiques, elles seront face à deux interlocuteurs distincts. La Société française de financement local (SFIL), nouvelle banque publique du secteur, hériterait finalement d’environ 8 milliards d’encours sensibles de DexMa; tandis que Dexia Crédit Local (DCL), entité résiduelle du groupe en France, conserve 2,3 milliards de prêts à problème. Après la cession du véhicule de refinancement DexMa pour un euro symbolique, effective jeudi, «les clients seront avisés du lieu d’hébergement de leurs prêts», confie à L’Agefi un proche du dossier. Environ 900 collectivités et autres acteurs locaux sont concernés à la SFIL, et 1.300 chez DCL, selon des sources concordantes.
Chaque client aura affaire à DexMa (rebaptisé Caisse française de financement local ou CFFL), à DCL… ou aux deux. DCL abrite en effet des prêts non éligibles à DexMa, mais aussi des crédits éligibles qui déformaient le profil de cette société de crédit foncier, par leur durée, leur concentration sur un type de clientèle, etc.
Deux «équipes jumelles» d’une soixantaine de personnes, logées à des étages distincts de la tour Dexia, seront chargées de la gestion des encours sains et toxiques. Pour renégocier ces derniers, «18 postes de médiation et d’ingénierie financière sont prévus chez Dexia, 33 à la SFIL, indique une source syndicale qui espère une réaffectation pour tous les salariés de DCL dont le poste est supprimé, car «le nombre global de postes à pourvoir, après les transferts en cours ou programmés, serait de 117 postes à la SFIL et 145 à Dexia». Pour désensibiliser ses prêts, DCL pourra octroyer 600 millions d’euros de nouveaux crédits. Les règles du jeu ne sont pas publiques, mais « il y a urgence pour les collectivités qui ont des encours toxiques chez DCL à profiter de la fenêtre de négociation ouverte ce semestre, estime Philippe Rogier, président du cabinet de conseil PublicFinance. Il y en aura une seconde au deuxième semestre 2014 mais la Commission européenne a exclu de prolonger au-delà le dispositif».
Quant à la SFIL, elle veut renégocier au moins 1 milliard d’euros de prêts toxiques chaque année. En attendant la notation de la CFFL, elle a commencé à se présenter aux investisseurs mais son programme d’émissions reste inconnu.
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