La France renoue avec les grandes manœuvres
Le soleil brille sur le front des fusions-acquisitions (M&A). Plusieurs opérations dévoilées ces derniers jours ont confirmé le dynamisme du marché, marqué par une certaine reprise de l’activité en Europe et plus particulièrement en France. Les cimentiers Lafarge et Holcim ont officialisé leur projet d’union, tandis qu’Altice à réussi à convaincre Vivendi de lui confier le destin de SFR. Deux opérations valorisées respectivement à 40 et 17 milliards d’euros. Dans le secteur français des SSII, Steria et Sopra ont confirmé leur rapprochement.
La bataille autour de SFR, le rachat par L’Oréal d’une partie de son capital détenue par Nestlé et la fusion entre égaux dans le ciment propulsent la France sur le devant de la scène. D’après les données les plus récentes fournies par Dealogic, l’Hexagone a représenté un volume d’opérations annoncées de 89,8 milliards d’euros depuis le début de l’année (276 opérations), contre seulement 12 milliards sur la période similaire de 2013 (369 opérations). Ces données sont toutefois à manier avec précaution puisque la valeur de l’opération sur SFR pourrait encore évoluer.
Sur la base des chiffres de 2012, la valeur des opérations annoncées n’avait atteint que 5,7 milliards d’euros pour un nombre nettement plus conséquent (401). Il faut remonter aux années précédant la crise pour retrouver une telle vigueur sur le marché français. Début 2006, 349 opérations avaient été annoncées pour une valeur globale de 75,8 milliards d’euros.
Au niveau européen, la progression est nettement plus modeste ; la valeur des opérations est passée de 241,4 milliards d’euros il y a un an à 256,8 milliards d’euros depuis le 1er janvier. Enfin, à l’échelle mondiale, les données compilées par Thomson Reuters font apparaître un bond de 62% des opérations sur un an, leur valeur passant de 523,7 milliards à 849,6 milliards de dollars. Le groupe pharmaceutique indien Sun Pharmaceutical Industries a alimenté la machine hier en annonçant le rachat de son compatriote Ranbaxy Laboratories pour 3,2 milliards de dollars (2,3 milliards d’euros), tandis que le groupe d’ingénierie suédois Alfa Laval a conclu l’acquisition d’un spécialiste du pompage en mer, le norvégien Frank Mohn, pour 13 milliards de couronnes norvégiennes (1,58 milliard d’euros).
Logiquement, la valeur unitaire des opérations a fortement progressé. Sur le seul premier trimestre, selon Dealogic, la France se classe au deuxième rang, derrière les Etats-Unis, pour le volume d’opérations supérieures à 1 milliard de dollars.
Les opérations sont encore majoritairement défensives, à l’image du mariage entre Holcim et Lafarge, qui cherchent à contrer la concurrence à bas coûts des cimentiers des pays émergents, ou entre Steria et Sopra, sur un marché français des SSII en retard dans sa consolidation. Mais cela suffira à donner le sourire aux banquiers et avocats conseils et, plus particulièrement, à Goldman Sachs, qui a devancé JPMorgan sur le terrain des commissions. La banque d’affaires épaule Holcim tandis que Rothschild et les frères Zaoui conseillent Lafarge, avec également le soutien de BNP Paribas et Morgan Stanley. Côté avocats, Cleary Gottlieb est intervenu auprès du cimentier français.
{"title":"","image":"80898»,"legend":"Le march\u00e9 des fusions-acquisitions affiche son dynamisme en 2014, marqu\u00e9 par une reprise de l\u2019activit\u00e9 particuli\u00e8rement en France. Illustration L\u2019Agefi.»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
La ville de New York lance un énorme appel d’offres en gestion indicielle
La ville gère plus de 127 milliards de dollars d'investissements en actions cotées, dont la majorité est investie dans des produits indiciels passifs, gérés par BlackRock et State Street. -
Les zinzins de l'espace sont prêts pour le décollage boursier de SpaceX
Des fonds souverains du Golfe, un fonds de pension canadien et des fonds de dotation universitaires américains font partie des actionnaires entrés au capital de SpaceX avant sa cotation. La période de blocage échelonnée prévue au prospectus conditionnera leur marge de manœuvre à court terme. -
L’Adic a investi dans le hedge fund ExodusPoint
ExodusPoint Capital Management vient de boucler une levée pour son fonds à laquelle aurait participé l’Adic, division du fonds souverain Mubadala.
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Le Crédit Agricole crée une société dédiée à l'IA pour y concentrer ses efforts
Contenu de nos partenaires
-
CogitationsElargissement de l’Union européenne : le grand brainstorming
Les idées fusent pour relancer les adhésions de nouveaux pays, au point mort depuis près de 15 ans, mais sans bousculer les Vingt-Sept. Les candidats craignent un statut au rabais -
Haute intensitéBudget des armées : la LPM est-elle suffisante face au « choc » programmé avec la Russie ?
L’actualisation de la loi de programme militaire 2024-2030 fait l’objet de critiques diverses. L’après-élection présidentielle pourrait rebattre les cartes. -
Pour vivre heureux, vivons cachés !
Dans une époque saturée de selfies et de réseaux sociaux où il faut s’afficher, ils sont de plus en plus nombreux à choisir l’effacement, comme si le luxe ultime était celui de snober les projecteurs. Contre toute attente, cette stratégie redessine aussi les contours du luxe contemporain.