La France esquisse sa politique budgétaire à horizon 5 ans
Edouard Philippe a fixé le cap. Si le Premier ministre français a réaffirmé hier, dans son discours de politique générale, la volonté du gouvernement de ramener le déficit budgétaire sous les 3% du PIB dès la fin 2017 en trouvant les 4 milliards d’euros manquant à l’appel, la mise en œuvre de la mesure phare visant à transformer le CICE en baisse de cotisations sociales a été décalée d’un an à 2019, et sera compensée par une hausse de la CSG et par la suppression des cotisations salariales maladie et chômage en 2018. Le recentrage de l’ISF sur l’immobilier se fera en 2019. La date de mise en place d’un taux de prélèvement unique sur les revenus de l'épargne de 30% n’a pas été précisée. La réforme de la taxe d’habitation sera réalisée avant la fin du quinquennat. Enfin, la baisse de l’impôt sur les sociétés à un niveau de 25% sera progressive «d’ici la fin du quinquennat».
Le gouvernement compte veiller à assurer l'équilibre des comptes financiers en réduisant la dépense. Edouard Philippe a estimé que la pression fiscale baissera d’un point de PIB d’ici 2022, quand la dépense publique diminuera elle de 3 points pour assurer l’équilibre. Pour «désintoxiquer» la France à la dépense publique, «aucun ministère, aucun opérateur, aucune niche fiscale» ne sera sanctuarisé. Une loi de programmation des finances publiques sera en outre présentée à la rentrée, avec l’objectif d’assurer l’équilibrer de la Sécurité sociale d’ici 2020, et d’interdire le déficit des comptes sociaux pour stabiliser la dépense en 2018. Edouard Philippe annoncera par ailleurs ces prochains jours «des mesures fortes pour améliorer l’attractivité de la place de Paris» afin de tirer au mieux profit du Brexit.
Le gouvernement devrait pouvoir s’appuyer sur une légère accélération de la croissance française au cours de cette année et en 2018. Le consensus table ainsi désormais sur une croissance du PIB de la France de 1,6% cette année, après 1,1% en 2016, notamment à la suite de la révision par l’Insee du taux de croissance enregistré au premier trimestre 2017. Si le spread de rendement entre l’OAT à 10 ans française et le Bund allemand s’est réduit à environ 35 pb, «qu’il s’agisse des déficits ou de la dette publique, l’écart entre la France et l’Allemagne est hors normes», rappelle Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo. Edouard Philippe a appuyé hier sur la volonté du nouveau gouvernement de faire baisser la fiscalité en France pour la faire revenir au niveau de ses partenaires européens.
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