La flambée du prix des métaux fait les choux gras des traders

Les bonus des opérateurs sur le marché des métaux auraient progressé de 20 % en 2010 selon Bloomberg
Patrick Aussannaire

Les traders sur les métaux se préparent à toucher le pactole. Ils percevraient en effet des bonus supérieurs de 20% à ceux versés au titre de 2009, avec des montants unitaires pouvant atteindre entre 2 et 3 millions de dollars (entre 1,5 et 2,2 millions d’euros) selon Bloomberg qui cite des propos de Peter Henry, responsable des études sur les activités de marché chez Commodity Search Partners. Avec la poursuite de la hausse des prix du cuivre, du nickel et et de l'étain prévue par les analystes, les traders sur le marché des métaux devraient même connaître une année 2011 encore meilleure. Le prix du cuivre a déjà connu une hausse record de 63% en 2010, et devrait encore progresser de 12% en 2011 si on en croit le consensus Bloomberg.

«Les traders sur métaux sont une exception alors que les banques subissent des pressions pour baisser les rémunérations versées» précise Peter Henry. La loi de la réforme financière aux Etats-Unis (Dodd-Frank act) vise théoriquement à limiter les risques inconsidérés pris par les opérateurs pour obtenir des bonus toujours plus importants. Le niveau de rémunération moyen versé dans les activités de banque d’investissement chez JPMorgan et Goldman Sachs a reculé l’année passée, alors que Morgan Stanley a réduit l’enveloppe consacrée au paiement des bonus.

Peter Henry indique que, dans ce contexte, les traders sur les métaux «font plus d’argent que les autres marchés dans les banques, ce qui se reflète en partie dans les bonus versés». Cette dichotomie risque ainsi d’inciter un nombre croissant d’opérateurs à se porter vers ce type d’activité. Après avoir réduit la voilure en 2008 et 2009, UBS a annoncé son intention de doubler ses effectifs consacrés aux matières premières, à l’instar de Citigroup et Standard Chartered qui comptent étoffer leurs équipes.

Cette tendance montre les failles du «Dodd-Frank act», mais il semble peu probable que l’administration Obama, cadenassée par les républicains, souhaite en durcir les conditions. La hausse du prix des matières premières reste néanmoins dans le viseur des autorités des pays émergents et européens qui craignent un retour de l’inflation, et sera l’une des priorités de la présidence française du G20, comme l’a indiqué hier Nicolas Sarkozy.

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