«La fête sur les marchés d’actions américains pourrait bien être de courte durée»
L’Agefi : Pourquoi êtes-vous désormais optimiste sur les marchés actions européens à court terme ?
Kevin Thozet : L’impression générale est que l’Europe pâtit d’un déficit de croissance accentué par le risque de voir de nouveaux tarifs douaniers pesant davantage sur une croissance anémique. C’est clairement être contrariant que d’être positif sur l’Europe. Mais les récentes publications du PIB ont fait état d’une trajectoire plus positive, avec les prémices tant attendues d’une reprise des dépenses de consommation dans un contexte de salaires réels plus favorables et d’une BCE qui change de braquet.
Et le mandat du 47e président américain pourra également avoir des retombées positives. Les craintes de barrières tarifaires mènent à un cycle de baisse des taux BCE plus rapide que son homologue américaine. Et ses promesses d’une politique de repli forcent le continent à se réformer.
Des valeurs exposées à la consommation américaines ou dont les revenus sont en partie faits en dollars pourraient tout à fait tirer leur épingle du jeu. Les possibles tarifs douaniers sont un risque, certes, mais déjà en partie dans le prix des actifs après deux mois d’un «Trump trade» qui anime les marchés mondiaux.
Ainsi le point de départ est modeste et le positionnement faible. Les baisses de taux aident sur le front des valorisations et d’un euro faible qui sert la compétitivité. Sans oublier des autorités de Pékin déterminées à soutenir l’effet richesse des ménages chinois.
Anticipez-vous un rebond de la Bourse américaine après la présidentielle ?
Si nous entrons dans une période d’incertitude quant à la réelle mise en œuvre du programme du futur président jusqu'à son investiture, le retour des «Reaganomics» devrait d’abord prolonger la tendance haussière sur les marchés actions et le cycle économique jusqu’en 2025. Dans un second temps, le risque est que le programme de Donald Trump se fasse au prix de taux d’intérêt de long terme plus élevés - poussés par des anticipations d’inflation liées à la réduction de l’immigration et par la peur du gonflement des déficits et donc de leur financement.
Aussi la fête sur les marchés d’actions américains pourrait bien être de courte durée si la vigilance des investisseurs obligataires venait mettre un terme aux réjouissances.
A lire aussi : Le décalage de performance s’accroît entre l’Europe et le reste du monde
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