La Fed prépare les esprits à une nouvelle hausse des taux
Les responsables monétaires américains semblaient divisés fin janvier sur l’opportunité d’un relèvement en mars, montrent les minutes du FOMC.
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Yves-Marc Le Réour
La Réserve fédérale à Washington.
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Photo Bloomberg
Le prochain relèvement des taux américains n’est pas imminent mais il se rapproche. C’est ce qu’on peut déduire du compte-rendu du comité de politique monétaire (FOMC) de la Réserve fédérale publié hier soir. Si la Fed n’a pas modifié ses taux directeurs lors de cette réunion des 31 janvier et 1er février derniers, ces «minutes» montrent que de nombreux responsables de la banque centrale jugent qu’il pourrait être approprié de relever les taux d’intérêt «assez vite» si l’emploi et l’inflation aux Etats-Unis évoluent conformément aux attentes.
Jerome Powell, le gouverneur de la Fed qui dispose d’un droit de vote permanent au FOMC, a de son côté déclaré hier qu’une hausse des taux était envisageable dès la prochaine réunion du comité mi-mars. «Il semble qu’on soit proche de notre objectif d’emploi et que nous nous rapprochions de notre objectif d’inflation», a-t-il déclaré. «Même si le rythme de croissance a paru parfois désespérément lent, le résultat est meilleur que ceux de la plupart des autres économies avancées», a poursuivi le responsable.
Incertitudes politiques
A chaque réunion du comité, 17 participants échangent sur la politique monétaire de la Fed mais seuls 10 d’entre eux votent. Parmi ces derniers, le sentiment d’urgence sur l’opportunité de resserrer la politique monétaire n’était pas unanime fin janvier. Nombre d’entre eux ont vu seulement un «risque modeste» de hausse significative de l’inflation et jugent que la Fed aurait «probablement largement le temps» de réagir.
En outre, «les participants ont une nouvelle fois souligné leur incertitude considérable quant aux perspectives d'évolution des politiques gouvernementales, dont budgétaire, et au calendrier et à l’ampleur des effets nets de telles évolutions», relève le compte-rendu, en ajoutant qu’il faudra «un certain temps pour que les perspectives deviennent plus claires» suite à l’entrée en fonction de Donald Trump.
Si les marchés boursiers américains sont restés insensibles à cette publication, le dollar s’est légèrement affaibli face à un panier de devises de référence, une réaction jugée «un peu étonnante» par Vassili Serebriakov, en charge de la stratégie de changes au Crédit Agricole. «Mais les cambistes espéraient peut-être un signe plus clair sur une hausse des taux dès mars», ajoute-t-il. Sur le marché des contrats à terme, les traders estiment désormais la probabilité d’une hausse des taux à 27% en mars et à 53% en mai.
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