La Fed appelle les banques américaines à mieux piloter leurs fonds propres

Dans un rapport publié cette semaine, la Réserve fédérale pointe les bonnes et mauvaises pratiques en la matière pour les principales banques
Antoine Landrot

La Réserve fédérale américaine (Fed) vient de publier un rapport sur le pilotage des fonds propres des grandes institutions bancaires du pays –possédant un bilan supérieur à 50 milliards de dollars. «Même si les évaluations actuelles suggèrent que le niveau de capital des banques leur permettrait de résister à une tension macroéconomique, un solide pilotage des fonds propres contribue à s’assurer que cette situation perdure», justifie la Fed.

Si, à la lumière de ses Comprehensive Capital Analysis and Review (CCAR) annuels, la Fed considère que des progrès ont été accomplis ces dernières années, les banques doivent faire davantage. Plusieurs défauts ont été identifiés. Par exemple, certains acteurs ont été incapables d’identifier tous les risques pesant sur l’ensemble de leurs activités, souvent en raison de la nature fragmentée des systèmes d’information. Plus important, les modèles utilisés sont souvent peu dynamiques. «Beaucoup d’établissements n’ont pas pu […] analyser de quelle manière la taille de leurs expositions et de leurs activités et les types de risques associés étaient susceptibles d’évoluer en fonction de l’évolution de la conjoncture économique et des conditions de marché», indique le superviseur, qui considère qu’une telle capacité est pourtant indispensable au pilotage des fonds propres.

Il note en revanche que les meilleurs élèves avaient mis en place des audits internes solides, permettant un examen complet du processus de pilotage. «Les banques aux pratiques les plus fortes jouissent d’une grande capacité à identifier les problèmes et à les régler», souligne-t-il.

La gouvernance est un autre élément du pilotage. «Le comité exécutif doit recevoir suffisamment d’informations, à un rythme trimestriel, pour comprendre les expositions aux risques et prendre ses décisions sur sa politique de fonds propres», estime la Fed. Or, dans certaines banques, les recommandations d’allocation de fonds propres sont sous-documentées et fondées sur les prévisions optimistes relatives aux impacts d’un scénario de crise donné.

Le superviseur appelle aussi les banques à déterminer une fréquence minimum (au moins annuelle) de réévaluation de la politique de pilotage, ainsi qu’une série d’événements qui déclencheraient une nouvelle évaluation.

La Fed entamera cet automne son CCAR pour 2014. En plus des 18 banques qui ont participé à l’édition 2013, 12 autres firmes s’y adjoindront.

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