La Fed ajourne une nouvelle hausse de ses taux d’intérêt
La Réserve fédérale américaine (Fed) a préféré se laisser une marge de manœuvre avant d’agir à nouveau sur les taux d’intérêts. Après deux jours de débats, son comité de politique monétaire (FOMC) a décidé à l’unanimité de laisser inchangé le taux des fonds fédéraux, qui demeure dans la fourchette de 0,50% à 0,75% fixée en décembre. Elle a néanmoins dressé un tableau plutôt optimiste de la conjoncture américaine, en mettant en avant une amélioration du moral des consommateurs et des entreprises, sans faire état des incertitudes liées à la nouvelle administration fédérale.
La Fed explique que les effets de la baisse des prix pétroliers se sont estompés, ce qui devrait faciliter l’interprétation des chiffres de l’inflation dans les mois à venir. Elle s’attend toujours à voir progressivement remonter celle-ci à son objectif de 2%, ce qui justifierait de nouvelles hausses de taux. «La confiance dans l'économie est visible dans les déclarations plus appuyées concernant l’inflation», estime Atul Lele, directeur des investissements de Deltec International.
Un mouvement en mars encore possible
Les chiffres officiels sur l’emploi en janvier sont attendus demain. Les économistes tablent en moyenne sur 170.000 nouveaux emplois et sur un taux de chômage stable à 4,7%. Mais ces prévisions pourraient s’avérer conservatrices si l’on en croit l’enquête mensuelle de la société de services informatiques ADP, qui a annoncé hier un bond des embauches dans le secteur privé à 246.000, son plus haut niveau en six mois.
Selon Lee Ferridge, directeur de la stratégie multi-actifs de State Street Global Markets, «un mouvement en mars est encore possible si l’inflation globale et les attentes de hausse de l’inflation se matérialisent dans les prochaines semaines, mais il semble que la réunion de juin se profile désormais comme le moment le plus propice pour un prochain relèvement des taux dans le cycle de la Fed».
Sur le marché des changes, le dollar a réduit ses gains face un panier de référence en réaction au communiqué de la Fed, que certains cambistes espéraient plus offensif. En fin de journée, l’euro s'échangeait autour de 1,0765 dollar. Les obligations du Trésor américain (Treasuries) ont au contraire effacé une partie de leurs pertes après la décision de la banque centrale, le rendement à dix ans revenant à 2,47% contre environ 2,49% juste avant l’annonce de ce statu quo et 2,45% mardi soir.
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