La Fed a fait repartir le marché actions américain à la hausse
La Fed a-t-elle cédé à la pression des marchés ? Son virage visible dans les minutes de sa réunion du 19 décembre coïncidait avec la plus violente chute subie par le marché actions américain depuis 2008 et avec l’écart croissant entre la vision optimiste de la Fed sur les perspectives d’activité et les craintes de récession de marchés. En assurant le maintien de conditions accommodantes, la Fed a permis aux rendements de reculer et aux actions américaines d’effacer 65% de leurs pertes. «Compte tenu de la forte corrélation entre les émissions massives de Treasuries et la performance du marché actions, la Fed devra tenir sa promesse de mettre fin à la réduction de son bilan pour éviter un durcissement des conditions financières et une nouvelle chute encore plus sévère des actions», explique Natixis.
Le «Powell put» a fait bondir l’indice S&P 500 de 16% depuis le 24 décembre, à un niveau qui n’est plus qu’à 7% de son plus haut historique de fin septembre. «Le rebond des marchés actions aux Etats-Unis s’avère impressionnant, le solde de titres en hausse sur un an net des baisses est revenu à son niveau de septembre, ce qui est caractéristique de l’effet des conditions de liquidité perçues sur le marché malgré des perspectives de résultats assombries à horizon un an», note Ostrum AM. Si le rebond a sans doute été salué lundi par Donald Trump lors d’un dîner avec Jerome Powell, les marchés se demandent si la Fed n’a pas été trop prompte à abandonner ses hausses de taux, vu la solidité des chiffres de l’emploi américain et le rebond des indices ISM au début de l’année.
«Le passé bien réel montre que 60% des corrections majeures du marché actions américain depuis la Seconde Guerre mondiale ont envoyé de faux signaux de récession», estime Columbia Threadneedle Investments. Si la croissance américaine reste au-dessus de son potentiel, le maintien des conditions accommodantes sera difficile à justifier et source de déséquilibres menaçant la stabilité financière. «Le taux d’intérêt réel, de l’ordre de 0,4%, est bien plus faible qu’en 2006, 1999 ou 1990. Cela signale-t-il la fragilité de l’économie américaine, qui ne pourrait pas supporter un taux réel supérieur à 1% ? Ce serait très inquiétant, et peu cohérent avec les propos de Jerome Powell indiquant que l’économie américaines se portait bien», alerte Philippe Waechter, le directeur de la recherche économique chez Ostrum AM.
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