La cession des actifs français de GE Capital est au programme
Chez GE Capital en France, c’est le choc. Si le groupe américain a multiplié les restructurations dans ses activités financières ces dernières années, personne ne s’attendait à l’ampleur du virage stratégique annoncé le 10 avril par le géant américain. Une réorientation synonyme de vente des activités dans les deux ans. Certaines seront plus intéressantes à racheter que d’autres.
GE Capital Real Estate, dont 26,5 milliards de dollars d’actifs immobiliers ont été cédés vendredi, ne pèse plus grand-chose en France. Selon une source syndicale, la structure ne compterait plus qu’une soixantaine de collaborateurs, contre 400 auparavant, après un dernier plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) en 2013.
Autre filiale en difficulté et éprouvée par les plans sociaux: GE Money Bank. En perte de quelques dizaines de millions d’euros par an depuis plusieurs années, la filiale de prêts aux particuliers avait annoncé en décembre dernier un énième plan de départs, concernant 204 postes sur 700, après avoir déjà mené trois PSE entre 2011 et 2013. Elle entendait faire de Nantes son centre opérationnel, en le recentrant sur la restructuration de créances et le crédit automobile et en abandonnant le crédit à la consommation et immobilier. «C’est une mauvaise surprise pour les salariés de Nantes, qui espéraient échapper au désengagement progressif», réagissait à chaud vendredi une source interne.
La surprise est plus grande encore chez GE Factofrance. General Electric a précisé vendredi qu’il sortirait de l’affacturage. En France, sa filiale, indépendante des grands réseaux bancaires, a perdu du terrain sur Eurofactor (Crédit Agricole) et BNP Paribas. Elle affichait 4 milliards d’euros d’encours clients et 706 millions d’euros de fonds propres fin 2013, selon les comptes publiés au Balo. Le métier de financement des équipements des entreprises, GE Capital Equipment Finance, devrait aussi être touché, pour les parties qui ne sont pas intégrées aux activités industrielles du groupe.
Les trois pôles – Money Bank, Factofrance et Equipment Finance –, aujourd’hui installés sur différents sites à La Défense, devaient par ailleurs se regrouper fin 2015 sur le campus Citylights à Boulogne. Un programme monté par BNP Paribas Immobilier et GE Capital Real Estate. «Ce projet de déménagement a-t-il encore une raison d’être?», s’interroge cette source. Chez GE Capital à Paris, personne ne souhaitait s’exprimer vendredi sur les annonces du groupe.
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