La Bourse ICE veut contraindre les pratiques de trading à haute fréquence
Comme l’a déjà fait le CME, l’opérateur boursier américain va interdire l’envoi d’ordres destinés à être annulés avant l’exécution.
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Solenn Poullennec
ICE a décidé l’interdiction de pratiques perturbatrices de la bonne marche du trading. Photo Bloomberg.
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La bourse américaine des dérivés ICE va interdire certaines pratiques dites «perturbatrices» à partir de la mi-janvier. A la demande de la Commodity Futures Trading Commission, ICE emboîte ainsi le pas à la Bourse de Chicago. Le CME avait précisé la liste des pratiques interdites sur ses marchés à l'été dernier, en réponse à la nouvelle régulation américaine.
Dans une note publiée hier, Ice Futures US précise qu’il sera interdit à partir du 14 janvier prochain d’envoyer un ordre ou un message au marché avec l’intention de l’annuler ou de le modifier avant l’exécution («spoofing»). Il sera aussi interdit d’envoyer des ordres avec l’ambition de surcharger et de provoquer des délais dans le système de la Bourse ou encore en ayant à l’idée de perturber la bonne marche du marché et de tromper les autres participants. La Bourse interdit aussi de faire une offre à l’achat ou à la vente pour établir un prix qui ne reflète pas l’état du marché.
Ces règles visent notamment les entreprises qui ont des systèmes de trading basés sur des algorithmes et qui soumettent une grande quantité d’ordres de façon automatique. Les règles concernent aussi les acteurs qui peuvent passer des ordres très rapidement même si ICE précise qu’un ordre n’est pas obligé d’être exposé au marché pour une durée minimale. Ces nouvelles règles s’inscrivent dans le sillage de la loi de régulation financière de 2010, le Dodd-Frank Act qui a interdit certaines pratiques jugées perturbatrices et notamment le «spoofing».
Comme l’avait fait le CME, ICE a publié une liste de questions-réponses destinée à éclairer la portée des nouvelles interdictions. La stratégie qui consiste à créer un mouvement en lançant une série d’ordres peut être jugée contraire aux règles de la Bourse, «si l’intention était de perturber la bonne marche du trading ou la juste exécution des transactions». Cette pratique pourrait aussi être sanctionnée dans le cas où les ordres envoyés «sont destinés à être annulés avant l’exécution», s’ils «sont censés tromper les autres» participants du marché ou «créer des prix artificiellement bas ou élevés».
En revanche, envoyer des ordres «icebergs», c’est-à-dire fractionnés en n’en rendant visible qu’une partie au marché, est autorisé. Les manipulations accidentelles («fat-fingers») ne seront pas considérées comme des infractions à la règle.
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