La Bourse de Shanghai subit sa plus forte chute depuis 18 mois
La Bourse de Shanghai a enregistré ce jeudi sa plus forte baisse en 18 mois, avec celle de près de 3% de l’indice CSI 300, qui avait gagné 27,7% depuis le début de l’année. Les causes de cette rechute inattendue ne sont pas clairement déterminées. Selon certains opérateurs, le déclencheur serait une analyse diffusée la semaine dernière par l’agence de presse d’Etat Xinhua, selon laquelle le cours de l’action Kweichow Moutai Co, le premier fabricant de liqueurs chinois et seconde capitalisation boursière de Shanghai, montait trop vite. Il est vrai que le prix du titre Moutai a été multiplié par 2,14 depuis le premier janvier, la valeur capitalisant 33 fois ses bénéfices estimés pour 2017... Depuis cette analyse, diffusée le 16 novembre, l’entreprise a perdu 12% de sa valeur, soit 16 milliards de dollars de capitalisation boursière.
La chute du fabricant de liqueurs a entraîné celle des titres les plus performants depuis le début de l’année. Les grandes entreprises cotées à Shanghai ont enregistré jeudi les plus fortes baisses, à l’instar de l’assureur Ping An (-4%). «La chute de Moutai a déclenché des ventes de la part des particuliers», estime Zhengyang Shen, analyste chez Northeast Securities, cité par Bloomberg. «Quand ces grandes capitalisations baissent, la réaction immédiate des épargnants est de céder rapidement leurs autres titres. Et ces particuliers constatant que la bourse chinoise ne reçoit guère de soutien de la part des fonds d’Etat, sont incités à accentuer encore leurs ventes.»
Cette rechute boursière s’est accompagnée de tensions sur le marché obligataire. Si le rendement des emprunts d’Etat n’a pas beaucoup bougé ce jeudi, les taux à 10 ans cédant même deux points de base à 4,02%, ils ont augmenté de 39 points de base depuis le début du mois. Le rendement des emprunts «corporates» à 5 ans s’est, lui, tendu de 33 pb jeudi. Il a atteint un plus haut depuis cinq ans à 5,3%, selon les données de ChinaBond, citées par Bloomberg.
Un mouvement qui s‘explique notamment par la crainte d’un durcissement des conditions de crédit par les autorités, ce qui se traduirait par un resserrement de la liquidité sur les marchés. «Le gouvernement accélère le désendettement, ce qui aura également un impact sur la liquidité du marché actions», affirme à Reuters Yang Hai, analyste chez Kaiyuan Securities.
Plus d'articles du même thème
-
Contentieux boursier 2025-2026 : une saison particulièrement fournie (1/2)
Henri-Louis Delsol, avocat associé et Dafna Davidova, avocat chez Delsol avocats, examinent dans cette tribune en deux parties les contentieux boursiers de 2025 et 2026. Avec ce premier volet, ils analysent dans le détail trois des cinq affaires emblématiques de cette période. -
New York pourrait moins bien réussir à Novo Nordisk qu’à TotalEnergies
Le directeur général du laboratoire danois a évoqué une possible cotation de l'action Novo Nordisk à Wall Street. En décembre dernier, TotalEnergies a effectué un mouvement similaire et surperforme depuis ses concurrents en Bourse. Pour Astrazeneca, qui a franchi le pas en février, le bilan est moins favorable. -
Les actions espagnoles attirent toujours plus de sociétés de gestion étrangères
Plus d'une centaine de gestionnaires d'actifs étrangers investissent désormais plus de 500 millions d'euros dans les composants du principal indice des actions espagnoles, selon une étude de l'opérateur de la Bourse de Madrid.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- La Société Générale aura du mal à contenter tout le monde avec son nouveau plan
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
Contenu de nos partenaires
-
Retraites : le plan Retailleau pour imposer un âge d’équilibre à 65 ans
Le candidat LR à la présidentielle dévoile une réforme qui rejoint les conclusions de la mission Conférence sur le travail, l'emploi et les retraites (CTER) supervisée par le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou. -
AveuglementRepas étudiants à 1 euro : anatomie d’un échec organisationnel anticipable
Mis en place dans la précipitation, la généralisation du repas à un euro crée des files d’attente monstres et dilue in fine l’aide aux plus précaires pour satisfaire le plus grand nombre -
DésaxéeA gauche, une primaire pour quoi faire ?
Alors que Philippe Brun vient d'être éliminé de la compétition, la primaire socialiste parviendra-t-elle à faire émerger un candidat et une ligne claire ?