La banque JP Morgan contrainte de revoir le calcul de son ratio de fonds propres
La
banque américaine JP Morgan Chase & Co va devoir réduire de 50 points de base le calcul de son coussin de
capital, en raison des pertes sur dérivés que lui ont fait subir certains de
ses traders dont le plus connu est surnommé la « baleine de
Londres ».
Les régulateurs l’ont contrainte à
recalculer ses niveaux de fonds propres afin de rendre compte des modèles de
risque qu’elle utilise pour certaines de ses positions, notamment celles relevant de la Direction des investissements (Chief investment office) qui a essuyé
les pertes sur dérivés. JP Morgan a changé un modèle de risque clé du Cio au cours du premier
trimestre ce qui a provoqué une baisse de qualité de reporting au moment où le Cio constituait un considérable portefeuille de dérivés sur crédit qui s’est soldé par des pertes de près de 6 milliards de dollars.
JP
Morgan, qui occupe la plus haute marche du podium avec ses 2.300 milliards de dollars d’actifs parmi les banques
basées aux Etats Unis, a déclaré avoir été informé mercredi par le Bureau du
contrôleur de la monnaie et la Fed qu’il lui fallait revoir le calcul de ses fonds propres. Conséquence, son «ratio de fonds
propres durs sous Bâle 1 » (Tier 1 common ratio) a fondu de 10,3% à
9,9% en juin. Le nouveau chiffre reste toutefois supérieure au 5% à
partir desquels une banque est considérée comme bien capitalisée selon les stress
tests de la Fed.
JP
Morgan estime que les initiatives qui ont été prises sur ses modèles de risque de
portefeuille et de marché vont permettre de réduire « significativement » les ajustements d’ici la fin de l’année. L’ancien trader du Cio, Bruno
Iskil, connu sur le marché des dérivés sous le nom de « baleine
blanche » en raison de la taille des positions qu’il prenait, a laissé son sobriquet à l’affaire des dérivés même si d’autres traders sont impliqués. Les
pertes, qui placent Jamie Dimon, Pdg de la banque, dans une position délicate, a conduit JP Morgan à requalifié les résultats du premier trimestre. Même si elles ne sont pas susceptibles
de menacer la position de JP Morgan parmi les toutes premières banques des Etats
Unis, le groupe a dû cesser ses rachats d’actions en mai afin de reconstituer le
capital qu’il avait perdu.
Dans un échange, jeudi avec la SEC (Securities and exchange commission), JP
Morgan a indiqué espérer relancer son programme de rachat d’actions
au premier trimestre 2013, avec trois mois de retard par rapport à
l’objectif fixé initialement. En
avril, Jamie Dimon a indiqué vouloir racheter des actions, alors bon marché,
pour les revaloriser. Il a laissé entendre qu’en dessous de 45 dollars, le
cours des actions était une affaire. Jeudi, elles se négociaient à 36,97
dollars, en baisse de 0,5% par rapport à la veille, et 9% en dessous des cours
avant la révélation de l’affaire des dérivés, le 10 mai. Pour Pouvoir relancer son
programme de rachats d’actions, JP Morgan doit obtenir l’approbation de la Fed
après le stress test annuel de son bilan. Le conseil d’administration doit
aussi achever ses propres investigations auprès du Cio.
Au moins 11 institutions
gouvernementales dans le monde mènent une enquête sur la débacle du Cio,
selon les déclarations de JP Morgan.
Parmi elles, des agences du Japon, d’Allemagne et de Singapour, ainsi que des
Etats Unis et du Royaume Uni. Le risque de poursuite s’est accru au cours du trimestre
du fait des enquêtes en cours et des plaintes déposées par des investisseurs privés.
JP Morgan estime « raisonnablement possible » le montant de 5,3
milliards de pertes en plus des réserves liées aux litiges. Elle n’a pas révélé
le montant de ces réserves.
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