La banque EFG-Hermes donne lieu à une bataille boursière en Egypte
La bataille autour de la banque égyptienne EFG-Hermes a pris de l’ampleur au cours des derniers jours. Affecté par le ralentissement économique mondial et le changement de régime du printemps 2011, l’établissement financier avait annoncé dès le mois de mars discuter d’un projet d’alliance stratégique avec QInvest, banque contrôlée par la famille royale du Qatar.
Approuvé en assemblée générale extraordinaire par les actionnaires d’EFG-Hermes samedi dernier, ce projet repose principalement sur une prise de participation de 60% de QInvest dans l’activité de banque d’investissement du groupe égyptien pour 250 millions de dollars (200 millions d’euros), suivie du transfert de cette activité dans une coentreprise nommée EFG Hermes Qatar. L’activité de private equity d’EFG-Hermes et sa participation majoritaire dans Crédit Libanais sont exclues de l’opération.
Face à ce montage, Planet IB, consortium composé d’investisseurs venant d’Egypte et de pays du Golfe, a jeté un pavé dans la mare à la veille de l’assemblée générale en annonçant une offre sur l’intégralité du capital d’EFG-Hermes au prix de 13,5 livres égyptiennes par action. Ceci valoriserait sa cible plus d’un milliard de dollars, à comparer à une capitalisation boursière actuelle de 842 millions en recul de 36% sur un an.
Si Planet IB a annoncé la présence de Naguib Sawiris en son sein, l’homme d’affaires égyptien aurait abandonné le tour de table à la suite du vote des actionnaires d’EFG-Hermes en faveur de QInvest. Le flou sur l’identité exacte des investisseurs de Planet IB et sur ses moyens de financement a conduit la banque égyptienne à menacer le consortium d’une action en justice «afin de protéger l’intérêt de ses employés et de ses actionnaires», lui reprochant de n’avoir pas encore déposé l’offre auprès de l’autorité de supervision financière du pays et de mener «une campagne médiatique trompeuse».
La situation à laquelle fait face la banque égyptienne, l’une des plus importantes du monde arabe, est d’autant plus compliquée que deux de ses dirigeants sont depuis la semaine dernière accusés d’avoir pris part à un délit d’initiés impliquant les deux fils de l’ancien président Hosni Moubarak. Les résultats trimestriels d’EFG-Hermes publiés avant-hier montrent en outre un recul de 6,4% de son bénéfice net, en raison de la morosité de ses activités de banque d’investissement et de gestion d’actifs.
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