La Banque du Japon pourrait renforcer son assouplissement monétaire
La banque centrale nippone doit réagir à la forte appréciation du yen face au dollar depuis le début de l’année.
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Solenn Poullennec
Le yen perdait environ 1,8% face au dollar vendredi après que Bloomberg a révélé que la Banque du Japon (BoJ), qui tient sa réunion de politique monétaire mercredi et jeudi, pourrait prêter aux banques à taux négatif.
L’agence de presse, citant des connaisseurs des discussions au sein de la BoJ, estime que la facilité de prêt de la banque centrale, qui permet déjà aux banques de se refinancer à 0%, pourrait leur proposer certains prêts à un taux négatif. La BoJ a répondu qu’il s’agissait de spéculation, selon le Financial Times. De son côté, la Banque centrale européenne a déjà annoncé en mars dernier qu’elle allait permettre aux banques de se financer à des taux négatifs.
En janvier, la BoJ a adopté une politique de taux négatifs, qui prévoit que le taux appliqué aux réserves des banques peut être de -0,1%. L’institution est cependant de nouveau sous pression pour passer à l’action alors que le yen s’est fortement apprécié depuis le début de l’année ce qui risque de peser sur la conjoncture économique. Entre le 1er janvier et le 22 avril, la devise a pris plus de 7,5% face au dollar.
Une prochaine étape pourrait être les achats d’actions
«Le taux de change est désormais devenu un facteur déflationniste», souligne Kazuhiko Ogata, chef économiste chez Crédit Agricole CIB. Celui-ci s’attend à ce que la BoJ revoie à la baisse ses prévisions de croissance et d’inflation pour 2016, d’ici à la fin de la semaine.
Plus de la moitié de la quarantaine d’analystes sondés par Bloomberg s’attendent à ce que la banque centrale adopte de nouvelles mesures cette semaine. « Nous pensons que des taux plus négatifs encore seraient prématurés à la fois d’un point de vue pratique et du point de vue des inquiétudes du marché. La BoJ ne devrait donc pas avoir d’autres choix que de renforcer ses achats d’actifs », estime Kazuhiko Ogata. Alors que l’institution achète déjà des titres d’Etat, des ETF et des obligations d’entreprises, l’économiste s’attend à ce qu’elle se lance dans les achats d’actions.
« La BoJ devrait préférer attendre la mi-juin pour se donner plus de chances de mettre en place un paquet complet de mesures, mais il lui faut donner suffisamment d’éléments pour que le marché considère qu’un statu quo en avril n’est que le prélude à davantage d’assouplissement », avance Steven Englander, stratégiste change chez Citi.
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