Knight Vinke échoue à placer la scission au centre de la stratégie d’UBS
Le jour de l’assemblée générale d’UBS, le débat sur une scission des activités de gestion de fortune et de banque d’investissement a ressurgi. Il a pris la forme d’une lettre ouverte signée par Eric Knight, co-fondateur de Knight Vinke AM, qui détient un peu moins de 1% du capital de l’établissement helvète. Des titres acquis en moyenne à 10 francs et qui en valaient hier 16,78.
L’argument de l’investisseur activiste est simple: maintenir une cohabitation fait peser un risque trop important pour la gestion de fortune, socle sur lequel la banque a bâti sa réputation. Selon Eric Knight, le manque à gagner lié à la disparition des synergies ne pèse pas face aux risques de réputation encourus en cas de nouvelle crise. «Nous remettons en cause l’intérêt de conserver la banque d’investissement sous le même toit que les activités de gestion de fortune et de banque commerciale en Suisse», écrit le gérant. Une rupture radicale, alors que les dirigeants d’UBS ont choisi d’arrêter l’activité de négoce sur les marchés de taux, pour se concentrer sur les actions et le conseil.
Le groupe suisse a affiché des comptes trimestriels supérieurs aux attentes, avec des revenus du pôle actions en hausse de 20% – ce qui semble donner raison aux dirigeants actuels. «La banque d’investissement a produit de bons résultats au premier trimestre, mais avait failli détruire UBS en 2007-2009. C’est une discussion qu’il vaut mieux avoir lorsque tout va bien», justifie Eric Knight. Il agite également une corde sensible pour les actionnaires: le manque d’alignement d’intérêts avec les salariés de la banque d’investissement.
«Depuis 1998, la banque d’investissement a dépensé 115 milliards de francs en salaires et bonus. En revanche, sa contribution à sa maison-mère et ses actionnaires a été négative de 25 milliards», estime-t-il. Aussi, «les meilleurs propriétaires de la banque d’investissement pourraient être ses propres dirigeants et employés».
Cela dit, son indépendance exigerait sans doute d’injecter un supplément de fonds propres. Les actionnaires d’UBS devront-ils encore mettre la main à la poche? Knight Vinke n’aborde pas la question. Peine perdue: les actionnaires ont approuvé à 89% la stratégie et à 82% la politique de rémunération proposées par les dirigeants d’UBS – des taux nettement supérieurs à ceux de l’année dernière.
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