Kloeckner Pentaplast teste les limites de l’appétit pour les «dividend recap»
Dans un marché des «leveraged loans» où les opportunités d’achat se font plus rares, Kloeckner Pentaplast entend bien profiter de la course au rendement des investisseurs. Détenu depuis 2012 par ses créanciers juniors, le plasturgiste allemand est en effet à la manœuvre pour placer l’équivalent de 831 millions d’euros de prêts «first lien» libellés en devise européenne et en dollar.
L’opération, qui comprend également une ligne de crédit revolving de 100 millions d’euros, permettra au groupe de refinancer sa dette. Elle sera suivie d’une émission obligataire pour financer une remontée de dividendes (ou «dividend recap») de 300 millions d’euros, à l’instar des opérations annoncées respectivement fin mars et fin février par Materne et Picard, et plus récemment par Scout24.
«Les arrangeurs Credit Suisse, Barclays, Deutsche Bank et Jefferies espèreront répliquer la performance du dividend recap de 400 millions d’euros de Scout24, dont l’allocation a enregistré une forte demande des investisseurs la semaine dernière et conduit à un reverse-flex du prix», souligne S&P Capital IQ. Alors que le pricing de l’émission à 7 ans lancée par Scout24 a été réduit à une fourchette de 425 à 450 points de base (pb) au-dessus de l’Euribor, le placement à 5 ans de Kloeckner Pentaplast est prévu entre 450 et 475 pb.
A l’inverse de la transaction réalisée par Scout24, Kloeckner Pentaplast entend néanmoins surfer sur le goût du risque retrouvé des investisseurs en optant pour une émission à clauses allégées («cov-lite»). Bien que ces derniers aient encore en mémoire les difficultés de la société et les deux tentatives infructueuses de revente par ses actionnaires, la demande pourrait être au rendez-vous. «La plupart des souches traitant au-dessus du pair sur le marché secondaire, et étant donné la pénurie d’émission sur le marché primaire, il n’y a nulle part ailleurs où saisir des opportunités», écrit S&P Capital IQ, qui cite un investisseur.
A la suite d’une longue bataille déclenchée par un bris de covenants en 2011, les créanciers juniors de Kloeckner Pentaplast, emmenés par le hedge fund Strategic Value Partners, étaient devenus actionnaires de la société en 2012. Cette dernière s’était alors refinancée en émettant 807 millions d’euros de dette «first-lien» senior.
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