JPMorgan fait la lumière sur ses pertes de trading

A l’exception de son patron, dont le bonus est divisé par deux, tous les responsables désignés par l’enquête interne ont quitté le groupe
Alexandre Garabedian

Jamie Dimon s’en tire bien. Le directeur général de JPMorgan a été estimé en partie responsable «en dernier ressort» des dysfonctionnements du chief investment office (CIO) de la banque, dont les prises de positions sur le marché des dérivés de crédits ont causé 6,2 milliards de dollars de perte en 2012. Il verra son bonus annuel divisé par deux. Mais la commission interne chargée de faire la lumière sur ces faits, et qui a rendu hier un rapport de 130 pages, blâme pour l’essentiel des cadres ayant depuis quitté le groupe.

Outre les traders ayant pris ces positions sur les indices CDS de dette d’entreprises, la task force désigne trois principaux fautifs: Ina Drew, l’ex-patronne du CIO, Barry Zubrow, patron des risques à l’échelle du groupe, et Douglas Braunstein, directeur financier. La première a été débarquée au printemps dernier lorsque le scandale de la désormais fameuse «baleine de Londres» a éclaté. Barry Zubrow est parti à la retraite en janvier 2012, et Douglas Braunstein n’a plus que des fonctions non exécutives.

Les éléments de la déroute se sont mis en place en décembre 2011. A l’époque, JPMorgan entend réduire ses actifs pondérés du risque, et le CIO, qui gère la couverture des risques du groupe et ses excédents de liquidités, a une vision plus positive de la conjoncture économique. Pour les traders, cela signifie une réduction de la position nette du portefeuille de crédit synthétique (51 milliards de dollars fin 2011), vendeuse de risque.

Mais le débouclage partiel a un coût, estimé à 500 millions de dollars. Mi-janvier, Ina Drew laisse entendre que l’impact sur le compte de résultat passe avant la réduction des actifs pondérés. Les traders du CIO vont alors accroître de 20 milliards à fin janvier leurs positions longues sur un indice investment grade, une décision contrebalancée en partie par 12 milliards de positions courtes sur des émetteurs high yield, pour se protéger d’un défaut. Une stratégie qui se révélera désastreuse dès les semaines suivantes.

Selon le rapport, l’échec de JPMorgan est dû à une multitude de facteurs: stratégie de trading inadaptée, mauvaise compréhension du management, reporting défaillant et trop optimiste, manque de réactivité dès les premiers signes d’alerte… En revanche, «le système de rémunération du groupe n’a pas encouragé de manière indue les activités de trading qui ont conduit aux pertes», estiment les enquêteurs.

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