Haitong Securities trébuche aux portes de la Bourse de Hong Kong
Le courtier chinois Haitong Securities a de sources concordantes renoncé hier à s’introduire en Bourse de Hong Kong. Dans l’espoir de conditions de marchés plus favorables l’an prochain. Un signe de plus que la volatilité des marchés, dans le sillage de la crise de la dette européenne, peut avoir raison de la superbe de cette place asiatique, la plus active dans le monde depuis deux ans.
Haitong, déjà coté à Shanghai, n’aurait pas suscité une demande suffisante pour ce placement dont il espérait jusqu’à 13 milliards de dollars de Hong Kong, soit près de 1,3 milliard d’euros, malgré le soutien affiché par la société de private equity Warburg Pincus qui s’était engagée à hauteur de 160 millions d’euros. La cotation des titres était prévue dès ce jeudi.
Un revers qui survient alors que la semaine passée deux compatriotes, le joaillier Chow Tai Fook et l’assureur New China Life, étaient parvenus à écouler à Hong Kong un montant cumulé voisin de 2,5 milliards d’euros, mais au plus bas de la fourchette indicative. Il y a quelques mois déjà, en septembre, le titre du numéro un du courtage en Chine, Citic Securities, avait abandonné 10,5% lors de sa première séance de cotation à Hong Kong.
Aux dires d’un gérant local, «les craintes d’une offre excessive de titres ont rendu les investisseurs prudents». Cela même en dépit de la relative prudence de l’émetteur, qui visait une capitalisation représentant 1,17 à 1,32 fois sa valeur nette comptable, contre un ratio de 1,51 pour la moyenne des courtiers cotés en Chine selon Bloomberg. Haitong n’est cependant pas au pied du mur pour lever des capitaux et peut se permettre d’attendre une amélioration de l’environnement financier, selon un analyste asiatique.
L’évolution du climat des introductions en Bourse à Hong Kong, qui ne semble pas devoir s’améliorer à court terme, sème le doute face aux nombreuses opérations encore envisagées. Pas moins de cinq émetteurs songent à abreuver le marché d’ici à la fin de l’année, notamment dans le secteur des énergies vertes, pour un montant cumulé voisin de 1,1 milliard d’euros, selon la société de suivi des marchés de capitaux IFR.
Déjà, un porte-parole du cimentier chinois Tianrui Group Cement a confirmé hier retarder son processus d’introduction de 200 millions d’euros qui devait être lancé dès cette semaine par une tournée de présentation aux investisseurs.
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