Goldman Sachs profite de ses activités pour compte propre
Goldman Sachs a fini l’année 2012 en trombe, et sur un rythme plus élevé que JPMorgan. La banque d’affaires a triplé son résultat du dernier trimestre sur un an, à 2,89 milliards de dollars, et l’a quasiment doublé par rapport au troisième trimestre, dépassant ainsi largement les attentes des analystes. La capacité du groupe à soutenir cette trajectoire reste cependant sujette à caution.
La firme de Wall Street a certes réussi à faire progresser ses revenus dans le conseil (+8%) sur un an, et sur le primaire dette et actions, où elle s’est distinguée en plaçant de gros blocs sur le marché, notamment en Europe. Au total, les revenus de la banque d’investissement progressent de 21% par rapport à fin septembre et de 64% sur un an. Dans les deux métiers taux/change/matières premières et actions/services titres, pour compte de tiers, les revenus affichent respectivement une baisse de 8% sur trois mois (à 2 milliards) et une hausse de 18% (à 2,3 milliards). JPMorgan n’a pu faire aussi bien, avec des reculs respectifs de 15% et 6% dans ces deux divisions sur le trimestre, à 3,2 et 1,9 milliards.
Mais Goldman Sachs doit aussi sa force à ses activités pour compte propre, regroupées sous le vocable «investing and lending». La division a dégagé près de 2 milliards de revenus, en progression de 9% sur trois mois et de 126% sur un an. Des performances aussi impressionnantes que volatiles. Le groupe a par ailleurs confirmé qu’il voulait céder sa filiale de réassurance, Global Atlantic, estimé à un milliard, en raison du coût réglementaire de cette activité sous Bâle 3.
L’autre élément d’incertitude tient aux rémunérations. Alors que Goldman Sachs a renoncé à décaler pour des raisons d’optimisation fiscale le versement de ses bonus devant le tollé provoqué, le poids des rémunérations est tombé à 21% seulement des revenus au dernier trimestre. Sur l’année, le ratio est inférieur à 38%, contre 42,2% en 2011 (et 33% chez JPMorgan). Cette relative sagesse tendrait à montrer que la banque rééquilibre les intérêts de ses salariés et de ses actionnaires, puisque sa rentabilité remonte à 10,7%, et même 16,5% en annualisant le dernier trimestre. Mais là aussi, les analystes se demandent si la banque pourra tenir au même niveau ses bonus en 2013.
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