Goldman Sachs essuie sa deuxième perte trimestrielle depuis sa cotation
Les «Goldmanites» font grise mine. Leur établissement a fait état hier d’une perte de 393 millions de dollars (soit 84 cents par action) au troisième trimestre, la deuxième seulement depuis son introduction en Bourse en 1999. Une ardoise nettement supérieure aux prévisions des investisseurs. Les analystes du panel Thomson Reuters tablaient sur une perte limitée à 16 cents par titre.
Le ralentissement de l’activité sur les marchés de capitaux n’a pas épargné la banque, dont les revenus ont décliné pour le troisième trimestre consécutif à 3,59 milliards de dollars. Un chiffre en recul de 60% par rapport au troisième trimestre de 2010 et de 69% comparé au premier trimestre de cette année. Les conditions de marché ont perturbé l’ensemble des divisions.
Le trading des produits de taux, des devises et des matières premières a vu sa contribution aux revenus chuter de 36% sur un an, à 1,7 milliard de dollars. Celle liée aux revenus de souscription a plongé de 61%, à 258 millions de dollars. Au total, les recettes de la banque d’investissement ont reculé de 33% pour s’établir à 781 millions de dollars. La VaR (Value-at-Risk) quotidienne moyenne dans les activités de trading est toutefois restée stable d’un trimestre à l’autre.
Mais c’est au sein du portefeuille d’investissements que le tableau se révèle être le plus sombre. Les dépréciations en valeur de marché s’établissent à 2,48 milliards de dollars: 1,05 milliard de dollars pour sa participation dans Industrial & Commercial Bank of China (ICBC), 1 milliard de dollars pour d’autres participations et 907 millions de dollars pour des créances et autres titres de dette, le tout n’étant que très partiellement compensé à hauteur de 477 millions de dollars.
«La confiance de la clientèle d’entreprise et des investisseurs ainsi que les prix des actifs sur nos différents segments ont été plus faibles au troisième trimestre étant donné l’incertitude macroéconomique et les conditions de marché», a expliqué le directeur général du groupe, Lloyd Blankfein.
Le rendement des fonds propres (RoE) annualisé depuis le début de l’année n’atteint qu’un modeste niveau de 3,7%, loin du lustre d’antan, alors que l’établissement consacre 44% de ses revenus à la rémunération de ses employés. Goldman Sachs, qui a mis en place des mesures d’économies, souligne toutefois que ses coûts salariaux (dont les bonus) ont diminué au troisième trimestre de 59% en glissement annuel.
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