Goldman Sachs cherche à jouer les bons élèves en matière de bonus
Goldman Sachs veut donner l’exemple en termes d’attribution des bonus outre-Atlantique. La banque d’affaires américaine a en effet validé le 17 décembre un programme de rémunérations à long terme basées sur les performances futures du groupe, en complément de la performance boursière.
Destinés aux «employés clés», les bonus seront calculés en fonction de divers indicateurs financiers tels que le chiffre d’affaires ou le rendement des capitaux et pourront être payés en numéraire, en titres ou en produits liés, a indiqué Goldman Sachs dans un document réglementaire déposé auprès de la SEC (Securities and exchange commission). Ces bonus seront assortis de provisions permettant leur annulation ou leur remboursement.
En cas de mise sous tutelle de Goldman Sachs, la majorité des bonus seraient ainsi suspendus, selon le document. Les bonus distribués pourront par ailleurs être arrêtés ou réclamés si un employé s’est par exemple engagé dans des «prises de risque imprudentes» ou si le ratio Tier one de la banque tombe sous un certain seuil, précise Goldman Sachs dans ce document. Ce nouveau programme «vise à assurer que la structure de rémunération est équilibrée et cohérente avec la sécurité et la solidité de la société», indique la banque d’affaires, qui a enregistré sur les neuf premiers mois de 2010 un bénéfice net de 6 milliards d’euros.
De l’avis des spécialistes, l’initiative de Goldman Sachs tend à faire évoluer l’équilibre des pouvoirs entre salariés et actionnaires. Par ailleurs, la banque d’affaires pourrait bien avoir donné le ton et être suivie par ses concurrentes américaines dans cette démarche.
A l’heure où l’Europe, sous l’impulsion des députés européens et du CEBS (Comité européen des superviseurs bancaires), véhiculent des règles strictes concernant l’encadrement et la limitation des bonus, la réflexion des Etats-Unis sur le sujet est beaucoup moins poussée. La Réserve fédérale et la SEC planchent actuellement sur un nouveau cadre réglementaire avec un système de paiement différé pour une part minimale de 50% des bonus, selon les rumeurs. Les règles qui vont s’appliquer en Europe sont pour l’heure beaucoup plus contraignantes et précises. D’ailleurs, Goldman Sachs ne s’engage sur aucun indicateur chiffré en matière de bonus différé ou de paiement en cash et en titres.
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