Gide retrouve de l’allant en intégrant les équipes de Morgan Lewis à Paris

Après l’arrivée de 19 avocats dont 9 associés, le cabinet français travaille à un autre projet de croissance externe, dans le contentieux
Alexandre Garabedian

La belle endormie se réveille. Le cabinet Gide Loyrette Nouel a annoncé hier l’intégration de 19 avocats, dont 9 associés, en provenance de Morgan Lewis, soit l’essentiel des équipes que comptait la firme américaine à Paris, à quelques exceptions près. Cette première opération de croissance externe confirme les ambitions retrouvées du premier cabinet français par la taille (650 avocats et 190 millions d’euros de revenus en 2012) après quelques années de flottement, marquées par des fermetures de bureaux, des départs d’associés, et même une sombre affaire de délit d’initié dans le dossier Oberthur.

«L’une des priorités du plan à trois ans Gide 2015, élaboré l’an dernier, était de renforcer le cabinet dans le conseil en M&A et auprès de la clientèle des fonds d’investissement. Les équipes de Morgan Lewis à Paris nous en ont donné l’opportunité», expliquent Baudouin de Moucheron et Stéphane Puel, respectivement associé senior et managing partner de Gide. Le nombre d’associés en fusions et acquisitions du cabinet va ainsi passer de 15 à 19.

Chez Morgan Lewis à Paris, les réflexions sur un transfert ont commencé au printemps, partant du constat que la stratégie de développement de la firme en France ne correspondait plus aux ambitions initiales. Encore peu présent à l’international, le groupe a privilégié récemment Londres et Moscou. Peu de cabinets ayant les reins assez solides pour intégrer d’un coup une vingtaine d’avocats, Gide s’est vite imposé. «Gide a engagé une action de modernisation en profondeur et constitue la seule véritable contrepartie française aux grands cabinets anglo-saxons d’envergure mondiale, les global law firms», estime Jean Leygonie, fondateur en 2004 du bureau de Morgan Lewis à Paris.

Gide, qui s’est offert une nouvelle identité visuelle début octobre, piste d’autres pointures. «Nous travaillons à un autre projet de croissance externe, très différent de Morgan Lewis, pour consolider la position du cabinet dans le grand contentieux d’affaires à Paris», confient Baudouin de Moucheron et Stéphane Puel, qui espèrent aboutir rapidement. C’est dans cette logique que des discussions s'étaient engagées avec Jean Veil et son cabinet Veil Jourde, pour être finalement abandonnées cet été. Le cabinet compte aussi se développer dans les pays où il est déjà présent tout comme dans les zones (Afrique sub-saharienne, Cambodge, Birmanie) où il n’a pas encore de bureaux.

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