François Hollande écarte une scission radicale des banques
Si François Hollande a désigné dimanche la finance comme son «véritable adversaire», la lecture de ses 60 propositions pour l’élection présidentielle, dévoilées hier, envoie un message plus mesuré. Il en va ainsi d’une des mesures phares, la séparation des activités de banque de financement et d’investissement (BFI) et de banque de détail. Le candidat socialiste a livré hier une précision importante: cette séparation sera mise en place au niveau de chaque banque, à travers une loi.
«Nous ferons la séparation dans les mêmes établissements entre ce qui relève de la distribution de prêts à partir de dépôts, et ce qui relève des activités de marché», a indiqué François Hollande. Ce schéma exclut donc l’interdiction pour une banque de dépôts d’avoir aussi une BFI, qui aurait signé la fin du modèle de banque universelle à la française. Un scénario du pire auquel la profession, en aparté, ne croyait guère après ses contacts avec l’équipe de campagne du dirigeant.
Reste à connaître les modalités précises de ce projet, qui pourrait tout de même avoir des conséquences importantes en termes d’organisation: si CA CIB est une filiale du Crédit Agricole, les BFI de BNP Paribas, de Natixis et de la Société Générale n’ont pas ce statut juridique.
François Hollande a en revanche brandi l’arme fiscale. Outre le soutien à une taxe sur «toutes» les transactions financières «avec un ou plusieurs pays si possible», le candidat a promis d’augmenter de 15% l’imposition des banques, là encore sans plus de précisions. «Une telle hausse amputerait de 7% les bénéfices des banques, estimait hier Pierre Flabbée, analyste chez Kepler. Elle signifierait que les banques françaises seraient un peu plus faibles dans la concurrence internationale, avec une création de valeur moins attrayante pour les actionnaires».
L’homme politique a enfin rappelé les propositions déjà présentes dans le projet du PS: la création d’une Banque publique d’investissement regroupant le FSI, CDC Entreprises, Oséo et les activités entreprises de la Banque Postale, ou encore un livret défiscalisé pour le financement des PME inspiré du Codevi. Le doublement du plafond du Livret A comme du LDD risque, lui, de pénaliser des assureurs en mal de collecte, mais pourrait renforcer la base de dépôts des banques (L’Agefi Quotidien du 24 janvier).
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