Face à une déroute technique, Bats retire son projet d’introduction en Bourse
Bats Global Markets a vécu vendredi une humiliation; l’opérateur boursier a annulé son introduction en Bourse. Un comble pour un acteur qui revendique la place de numéro trois aux Etats-Unis. Alors qu’il avait fixé le prix de ses 6,3 millions de titres à 16 dollars, le groupe a vu une série d’erreurs techniques affecter le trading sur sa plate-forme. Plusieurs suspensions de cotations ont été ordonnées, conduisant l’opérateur à actionner la procédure d’entraide (self-help), ce qui signifie qu’il envoie des ordres via d’autres plates-formes en raison de problèmes de traitement internes.
Mais à la reprise des opérations, un ordre erroné sur 100 actions Apple a déclenché un «disjoncteur», interrompant une nouvelle fois les négociations. En fin de matinée, Bats indiquait qu’il examinait des problèmes de trading portant sur les symboles «A à F», incluant les actions Apple et ses propres titres. Alors que la première indication de prix à l’ouverture donnait l’action Bats à 15,25 dollars, des ordres descendant jusqu’au niveau incohérent de 0,02 cents ont été enregistrés.
Plus de trois heures après la clôture, Bats indiquait dans un communiqué qu’un ordinateur chargé de traiter les ordres concernant les sociétés avec des tickers allant de A à BFZZZ «avait rencontré un bug logiciel lié aux enchères IPO». Dans la soirée, le groupe annonçait l’annulation de l’offre, une décision prise en concertation avec le syndicat de souscripteurs, Morgan Stanley, Credit Suisse et Citigroup. Ces derniers pourraient perdre jusqu'à 7,1 millions de dollars de commissions.
Bats justifiait cette décision «appropriée» par la persistance d’un risque de trading «non coordonné et chaotique». L’opération devait normalement se clôturer le 28 mars. «C'était embarrassant», a reconnu Joe Ratterman, le directeur général de Bats, dans un entretien à Bloomberg. «La firme est responsable. Nous prenons la responsabilité de tout cela. Il n’y a pas d’influence extérieure ici», a-t-il ajouté. Seule une poignée de sociétés ont abandonné leur IPO après en avoir fixé le prix. C'était le cas de Chamberlain’s Restaurants en 1993, la chaîne détenue par l’ancien joueur vedette de la NBA, ou de Normandy America en 1995, un réassureur qui a tenté de répliquer la stratégie d’investissement de Warren Buffett.
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