Euronext se cherche un capitaine dans un secteur promis à la consolidation
Un an après son retour en Bourse, Euronext se retrouve sans capitaine. Le départ inattendu de Dominique Cerutti pour Altran, négocié en quinze jours selon une source proche, pose à nouveau la question de l’avenir de l’opérateur boursier paneuropéen en tant qu’acteur indépendant. Le choix du successeur de Dominique Cerutti sera crucial dans cette optique.
Le comité des nominations d’Euronext doit désigner son chasseur de têtes, pour trouver la perle rare, un fin connaisseur des marchés et capable de gérer les délicats équilibres franco-néerlandais dans la gouvernance du groupe.
Mercredi, Xavier Rolet, le directeur général du London Stock Exchange (LSE), a envisagé dans un entretien au Wall Street Journal un mariage possible avec l’une des quatre grandes Bourses occidentales dans les deux ans. Un calendrier évoqué aussi par Euronext lors de son IPO en juin dernier. Son plan 2014-2016 doit faire croître l’entreprise et, une fois achevé, «fera de nous un des acteurs potentiels d’une éventuelle consolidation» assurait encore aux Echos le 20 avril Dominique Cerutti.
Pourquoi cet horizon ? Parce que le capital d’Euronext est verrouillé d’ici là à hauteur d’un tiers par onze actionnaires de référence où figurent notamment la Caisse des dépôts, Bpifrance, BNP Paribas et la Société Générale. Aucun ne peut céder ses titres, sauf accord des dix autres, pendant une période de trois ans courant à partir du 19 juin 2014.
L’autre explication est industrielle. «La régulation des chambres de compensation ne sera pas finalisée avant deux ans. Les groupes organisés en silo tels que le LSE avec LCH.Clearnet et Deutsche Börse avec Clearstream ne peuvent pas se lancer dans une grande opération de fusion avant d’y voir clair sur ce sujet», estime un professionnel du secteur.
Dans l’intervalle, Euronext caressait le rêve de rallier à son modèle «fédéral» la Bourse de Varsovie et celle de Madrid, encore indépendantes. La première capitalise 500 millions, la seconde 3,5 milliards d’euros, là où Euronext se paie 2,8 milliards, soit 22 fois ses bénéfices estimés 2015. A ces niveaux de prix, l’opérateur paneuropéen fait figure de cible. A commencer pour Deutsche Börse, l’autre grand acteur de la zone euro, qui pèse 6 fois plus en Bourse. Alors que la Commission européenne avait bloqué la fusion des deux groupes en 2012, celle-ci ne poserait plus de problème puisque Euronext a été délesté par ICE du marché londonien des dérivés, le Liffe.
Plus d'articles du même thème
-
La France est rappelée à l’ordre par l’Union européenne
Le paquet de printemps du Semestre européen 2026 met la France en face de réalités difficiles et formule des recommandations pour améliorer sa compétitivité et retrouver la maîtrise de ses finances publiques. -
L’Europe dégaine son plan de souveraineté technologique
La Commission européenne a présenté le 3 juin à Bruxelles un ensemble de mesures sur les secteurs des semi-conducteurs, du cloud et de l’intelligence artificielle. -
Le marché résidentiel devrait rester en berne jusqu’à la fin de l’année
La conjoncture économique fragilisée par le conflit au Moyen-Orient et l’inflation vont assener un coup de frein supplémentaire à un marché immobilier déjà sous tension.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond en mai
- Chez Ardian, une succession au long cours qui n’ose pas dire son nom
- TotalEnergies pourrait doublement profiter de la guerre au Moyen-Orient
- Atalian s’apprête à passer sous le contrôle de ses créanciers
- Avec BMW, Airbus et EDF, Mistral AI se déploie dans l’ingénierie industrielle
- Le Crédit Mutuel vante la banque à réseau pour concéder l'inévitable passage au digital
Contenu de nos partenaires
-
« Le coût cumulé d'El Niño pourrait atteindre 84 000 milliards de dollars »
Le retour du phénomène météorologique El Niño cette année est de plus en plus probable selon l’Organisation météorologique mondiale. Son impact sur l’économie mondiale suscite aussi de vives inquiétudes. -
Vrai du fauxCadmium : alerte dans nos assiettes
Présent dans les engrais importés en France, ce métal lourd classé cancérogène a beaucoup fait parler de lui ces derniers mois. Au risque de perdre pied dans cette vague d'informations -
Calme avant la tempêtePrésidentielle : les candidats face au mur budgétaire
La bombe budgétaire est sur le point d'exploser et les prétendants à l'Elysée évitent encore bien trop le sujet majeur qui va accaparer le début de mandat du futur président