Euronext fédère ses investisseurs institutionnels
Avant d’être mis en Bourse par l’américain ICE avant l’été, Euronext cédera environ 33% de son capital à un groupe d’investisseurs institutionnels composé de BNP Paribas, la Société Générale, la Caisse des dépôts et consignations (CDC), Bpifrance, Euroclear, ABN Amro, l’assureur nationalisé ASR Nederland, la Société Fédérale de Participations et d’investissement belge, BPI Pension Fund et Banco Espirito Santo. Ces actionnaires de référence ne devront pas céder leur participation pendant trois ans.
La constitution d’un groupe d’actionnaires de référence était largement attendue depuis qu’en annonçant l’achat Nyse Euronext, en décembre 2012, ICE avait dévoilé son intention de céder ses marchés continentaux. Alors que le groupe d’investisseurs se présente comme «stable» et «engagé pour le succès d’Euronext à long terme», le ministre des finances et des comptes publics français, Michel Sapin, a déclaré qu’il représentait «un atout majeur pour le développement dans la durée de la Place de Paris et d’Euronext, au service du financement de l’économie, au cœur de la zone euro».
Les détails de l’opération seront présentés lors de la publication dans les prochaines semaines du prospectus qui doit être validé par le régulateur néerlandais. Les actionnaires de référence, qui doivent encore conclure leur pacte, bénéficieront comme les salariés du groupe d’une «décote limitée» par rapport au prix de l’introduction en Bourse ouverte aux investisseurs des marchés continentaux d’Euronext. ICE, qui n’est plus tenu de conserver des parts dans Euronext grâce à la constitution du noyau dur, organisera aussi un placement privé auprès d’institutionnels, notamment américains. Pas moins de 14 banques dirigeront l’IPO.
Euronext vend au marché ses activités historiques (cash, dérivés), sauf celle du Liffe, et ses services de données de marché associés. «On a un business qui se porte très très bien», assure le directeur général de Nyse Euronext, Dominique Cerutti. Le groupe se targue d’avoir un modèle économique diversifié sur la cotation (7% au premier trimestre 2014), la négociation au comptant (44%), les dérivés (13%) ou encore les données de marché (22%). Au premier trimestre 2014, Euronext a engrangé 136 millions de dollars de revenus (100 millions d’euros) pour une marge de 41%, selon les résultats d’ICE publiés le 8 mai.
Le groupe souhaite se positionner comme «un centre majeur de levée de capitaux en Europe», répète son patron. A la faveur de la reprise et de la nouvelle régulation européenne (MIF 2), Euronext devrait lancer de nouveaux produits, renforcer son offre sur les PME et les ETI dans le sillage du lancement d’Enternext et revoir son offre obligataire alors que la plate-forme de dette d’entreprise, BondMatch, peine à décoller.
Euronext se veut plus fort aujourd’hui qu’il ne l’était au sein de Nyse Euronext. «Il nous arrivait de prendre des décisions business qui étaient optimales pour le groupe Nyse Euronext mais qui ne l’étaient pas pour Euronext», explique Dominique Cerutti. Il fait valoir par exemple que les produits dérivés étaient lancés de façon privilégiée à Londres du temps de Nyse Euronext.
Le dirigeant promet de réaliser des «économies substantielles». «On va couper ce qui n’est pas cœur de métier», affirme-t-il, rappelant que les activités de la plate-forme alternative Nyse Arca Europe ont été ainsi arrêtées au début du mois. Le 8 mai, ICE évoquait des synergies de coûts de 60 millions d’euros sur 3 ans.
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