Eurazeo profite de la cession annoncée d’ANF Immobilier

La capitalisation de la foncière valorisait hier la part d’Eurazeo à 470 millions d’euros. Mais la valeur d’actif net réévalué est estimée à 600 millions
Antoine Landrot

C’est une page que devrait tourner Eurazeo dans sa relation historique avec le groupe Lazard. La société d’investissement cotée a en effet indiqué lundi soir avoir reçu des marques d’intérêt «non sollicitées» concernant sa participation de 51,6% dans ANF Immobilier. Elle a d’ailleurs confié un mandat à la banque d’affaires Lazard «afin d’étudier les différentes options de cessions possibles», explique-t-elle.

L’information est parue en fin de semaine dernière dans La Provence. Le quotidien provençal fait état de cinq candidatures pour ANF Immobilier. Cette société immobilière cotée (SIC) gère un patrimoine de 1,6 milliard d’euros: 185.000 m² d’immeubles à Marseille, 80.000 m² à Lyon, ainsi que les murs des 168 établissements exploités par B&B Hôtels, chaîne qu’Eurazeo a cédée à Carlyle en septembre 2010.

ANF Immobilier appartenait historiquement au holding Rue Impériale, contrôlé par les familles fondatrices de Lazard, avant que celui-ci ne soit absorbé par Eurazeo en 2004. Cotée sur l’Eurolist B, la SIC capitalisait environ 800 millions d’euros lundi et 920 millions hier – valorisant la part d’Eurazeo à 470 millions. Mais la valeur d’actif net est estimée à 600 millions d’euros par le courtier Cheuvreux. Selon ce dernier, «une cession de la totalité de sa participation dans ANF améliorerait la liquidité du portefeuille d’Eurazeo et pourrait servir de différentes manières: procéder à de nouvelles acquisitions, réinvestir dans les sociétés qu’il détient déjà, voire les désendetter». Le marché a apprécié, avec une hausse de 3,9% du titre Eurazeo.

«L’annonce n’est pas une surprise pour nous, puisque la relation entre ANF et Eurazeo était vouée à se déboucler d’ici les trois/quatre prochaines années, soit à travers la cession de la participation du fonds, soit à travers une acquisition ou une fusion ambitieuses», écrit Samuel Henry-Diesbach, analyste chez Kepler Capital Markets. D’ailleurs, Eurazeo a tenu à préciser dans son communiqué que «ni le principe, ni le périmètre […] d’une telle cession n’ont été décidés».

Le courtier émet l’hypothèse d’une candidature d’Eurosic, qui a récemment cédé 500 millions d’euros d’actifs à Paris. «Sa structure actionnariale récemment renouvelée avec Batipart rend encore plus pertinents des investissements en région. […] Le portefeuille d’ANF présente un potentiel de création de valeur décent en cas de rotation d’actifs, qui consisterait à vendre les actifs résidentiels pour investir dans les bureaux.»

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