Eurazeo poursuit la rotation de son portefeuille de participations

La société d’investissement pourrait céder Europcar cette année mais jette l'éponge sur Apcoa, en passe d'être repris par ses créanciers
Amélie Laurin

Les munitions accumulées en 2013 sont déjà en partie consommées. Une fois bouclé le rachat de 10% de la marque textile Desigual, Eurazeo aura dépensé ce semestre 457 millions d’euros pour ses investissements, y compris une dépréciation sur 3SP, trois fois plus que pour tout 2013. Ses réserves atteindront encore 338 millions d’euros, mais elles pourront être amputées par de nouvelles acquisitions ou, comme l’an dernier, par des rachats d’actions Eurazeo. «Nous souhaitons garder des liquidités comprises entre 5 et 10% de l’actif net réévalué, qui atteignait 4,6 milliards d’euros fin décembre», précisait hier Philippe Audouin, directeur financier d’Eurazeo, en marge de la présentation des résultats annuels.

Le groupe n’écarte pas de nouvelles cessions, après le gain de 1,1 milliard d’euros réalisé l’an dernier (Flexitallic, blocs Rexel, mise en Bourse de Moncler…). Pour Europcar, les «options stratégiques sont ouvertes», avec peut-être une fenêtre de sortie au second semestre. «La majorité du corporate Ebitda (hors frais de gestion de flotte, ndlr) est réalisée entre fin juin et mi-septembre», lors du pic estival des locations de voitures, pointe Philippe Audouin.

Malgré la stagnation de son chiffre d’affaires en 2013 et la fragmentation du marché européen, Europcar pourrait être cédé pour 10 fois son Ebitda 2014, soit 1,8 milliard d’euros dette incluse ou 1,3 milliard en valeur d’equity, selon les analystes d’Exane. Le loueur a porté sa marge sur corporate Ebitda à 8,2 % (+2,1 points en un an) et vise 10% cette année. Son levier (3,4 fois l’Ebitda) «va continuer à baisser cette année», assure Philippe Audouin.

Pour la blanchisserie industrielle Elis, une introduction en Bourse est envisageable, mais plutôt en 2015 compte tenu du niveau de dette (5 fois l’Ebitda), estime Exane.

Enfin Eurazeo a ramené à zéro la valeur de sa participation de 82,2% dans les parkings Apcoa, symptomatique des excès des LBO d’avant la crise. En raison de son «surendettement relatif» (10 fois l’Ebitda), «un investissement supplémentaire ne répond pas à nos critères d’investissement», a justifié Patrick Sayer, président du directoire d’Eurazeo. Le groupe fait une croix sur les 390 millions d’euros injectés depuis 2007 et devrait laisser les clés d’Apcoa à ses créanciers. Emmenés par le fonds Centerbridge, qui a accumulé plus de 200 millions de dette décotée, ils doivent renégocier 641 millions d’euros de dette d’ici à avril. L’objectif: la diviser par deux.

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